‹ Théatre complet. Avec des remarques littéraires et un choix de notes classiquesChapitre 322 sur 459 · AGAMEMNON* ACHILLE · texte numérisé non relu

AGAMEMNON* ACHILLE

ACHILLE

On bruit assez étrange est venu jusqu'à moi , Seigneur; je l'ai jugé trop peu digne de foi. On dit, et sans horreur je ne puis le redire, Qu'aujourd'hui par votre ordre Iphigénie expire; Que vous-même, étoulTant tout sentiment humain, Vous l'allez à Calchas livrer de votre main. On dit que, sous mon nom à l'autel appelée, Je ne l'y conduisois que pour être immolée ; Et que, d'un faux hymen nous abusant tous deux, Vous vouliez me charger d'un emploi si honteux. Qu'en dites-vous, seigneur? Que faut-il que je pens«1 Ne ferez-vous pas taire un bruit qui vous oITense?

AGAHEHNON.

Seigneur, je ne rends point compte de mes desseins. Ma fllle ignore encor mes ordres souverains; Et, quand il sera temps qu'elle en soit informée. Vous apprendrez son sort, J'en instruirai l'armée.

ACHILLE

Ah! Je sais trop le sort que vous lui réservez.

AGAMEMNON

Pourquoi le demander, puisque vous le savez?

ACHILLE

Pourquoi je le demande? 0 ciel! le puis-je croire. Qu'on ose des fureurs avouer la plus noire! Vous pensez qu'appiouvant vos desseins odieux le vous laisse immoler votre fille à mes yeux? Que ma foi , mon amour, mon honneur y consesU) 7

AGAMEUNON.

Hhii TOUS, qui me parlez d'une voix menaçante^. Oubliez-vous ici que vous interrogez ?

ACHILLE

0ubliei-T0U8 qui J'aime, et qui vous outrageât

AGAUEHNON.

Et qut voos a chargé du soin de ma famille?

ACTB IV. 541

Ne pounal-je, sans tous, disposer de ma fillet Ne suis-je plus son père? Êtes-vous son époux T Et ne peut-elle...

ACHILLB.

Non , elle n'est plus à vous t On ne m'abuse point par des promesses vaines. Tant qu'un reste de sang coulera dans mes veines, Vous deviez à mon sort unir tous ses moments ; Je défendrai mes droits fondés sur vos serments. Et n'est-ce pas pour moi que vous l'avez mandée?

AGAMEHNON.

Plaignez-vous donc aux dieux qui me l'ont demandée : Accusez et Calchas et le camp tout entier, Dlysse, Ménélas, et tous tout le premier.

ACHILLB.

Moil

A6AHEMN0N.

Vous, qui , de l'Asie embrassant la conquête. Querellez tous les jours le ciel qui vous arrête ; Vous , qui , TOUS offensant de mes justes terreurs, ATez dans tout le camp répanda vos fureurs. Mon cœur pour la sauver vous oavroit une voie; Mais TOUS ne demandez, tous ne cherchez que Troie. Je TOUS fermois le champ où tous Toulez courir : Vous le Toulez , partez ; sa mort Ta tous l'ouTrir.

ACHILLB.

Juste ciel ! puis-je entendre et souSirir ce langage?

Est-ce a^nsi qu'au parjure on ajoute l'outrage?

Moi, je Toulois partir aux dépens de ses jours?

Et que m'a fait à moi cette Troie où je cours < .

Au pied de ses remparts quel intérêt m'appelle?

Pour qui, sourd à la Toix d'une mère immortelle.

Et d'un père éperdu négligeant les avis,

Vais-je y chercher la mort tant prédite à leur 6I3?

Jamais Taisseaux partis des rives du Scamandre

Aux camps thessaliens osèrent-ils descendre?

Et jamais dans Larisse un lâche ravisseur

Me vint-il enlever ou ma femme ou ma sœur?

Qu*ai-Je à me plaindre ? où sont les pertes que j'ai faites?

Je n'y vais que pour tous, barbare que tous êtes;

Pour TOUS, à qui des Grecs moi seul je ne dois rien;

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