ACTE PRBMIBR. S
Quand, poav te faire un peuple agréable à tes yeui, Il plut à ton amour de choisir nos aïeux : Même tu leur promis de ta bouche sacrée Une postérité d'éternelle durée, lïélas ! ce peuple ingrat a méprisé ta loi| La nation chérie a violé sa foi ; Elle a répudié son époux et son père, Pour rendre à d'autres dieux un honneur adultère; Maintenant elle sert sous un maître étranger. Mais c'est peu d'être esclave , on la veut égorger : Nos superbes vainqueurs, insultant à nos larmes. Imputent à leurs dieux le bonheur de leurs armes, Et veulent aujourd'hui qu'un même coup mortel Abolisse ton nom, ton peuple et ton autel. Ainsi donc un perfide, après tant de miracles, Pourroit anéantir la foi de tes oracles, Raviroit aux mortels le plus cher de tes dons. Le saint que tu promets, et que nous attendons? Non, non, ne souffre pas que ces peuples farouches, Ivres de notre sang, ferment les seules bouches Qui dans tout l'univers célèbrent tes bienfaits; Et confonds tous ces dieux qui ne furent jamais. Pour moi, que tu retiens parmi ces infidèles. Tu sais combien je hais leurs fêtes criminelles, Et que je mets au rang des profanations Leur table, leurs festins et leurs libations; Que même cette pompe où je suis condamnée. Ce bandeau dont il faut que je paroisse ornée Dans ces jours solennels à l'orgueil dédiés, Seule et dans le secret, je le foule à mes pieds; Qu'à ces vains ornements je préfère la cendre , Et n'ai de goût qu'aux pleurs que tu me vois répandre J'attendois le moment marqué dans ton arrêt. Pour oser de ton peuple embrasser l'intérêt. Ce moment est venu : ma prompte obéissance Va d'un roi redoutable affronter la présence. C'est pour toi que je marche : accompagne mes paa Devant ce fier lion qui ne te connolt pas; Commande en me voyant que son courroux s'apaise. Et prête à mes discours un charme qui lui plaise: Les orages, les vents, les cieux te sont soumis; Tourne eofin sa fureur contre nos ennemia.
M9 ESTHBH.