TROIS ISRAÉLITES
II nous fait remporter une illustre victoire. l'dne des trois.
Il nous a révèle sa gloire.
TOCTKS trois ensemble.
Ah! qui peut avec lui partager notre amour?
tout le choedr.
Que son nom soit béni; que son nom soit chantéi Que Ton célèbre ses ouvrages Au delà des temps et des &ges, Aa delà de l't^ternité >
FIN O GSTHBB.
ATHALIE
TRAGÉDIE
TIRÉE DE l'Écriture sainte
PRÉFACE
Toat le inonde sait que le royaume de Juda étoit composa aes deux tribus de Juda et de Benjamin, et que les dix autres tribus qui se révoltèrent contre Roboam composoient le royaume d'Israël. Comme les rois de Juda étoient de la maison de David, et qu'ils avoient dans leur partage la ville et le temple de Jérusalem , tout ce qu'il y avoit de prêtres et de lévites se retirèrent auprès d'eux, et leur demeurèrent toujours attachés : car. depuis que ie temple de Salomon fut b&ti, il n'étoit plus permis de sacrifier ailleurs; et tous ces autres autels qu'on élevoit à Dieu sur des montagnes, appelés par cette raison dans l'Écriture les hauts lieux, ne lui étoient point agréables. Ainsi le culte légitime ne subsistoit plus que dans Juda. Les dix tribus, excepté un trèspetit nombre de personnes, étoient on idolàii-es ou scbis' matiques.
Au reste, ces prêtres et ces lévites faisoient eux-mêmes une tribu fort nombreuse. Ils furent partagés en diverses classes pour servir tour à tour dans le temple, d'un jour de sabbat à l'autre. Les prêtre» étoient de la famille d'Aaron;
1. Tous ceux qui yeulent entrer sérieosoment dans l'esprit de U tragédie doivent lue avec attention cette préface : c'est un chefd'œuvre de clarté , de simplicité et d'ordre : l'auteur n'y a oublié aucun des points de l'histoire juive qui servent à fonder l'intérêt de >• piècfli (Gboffbot.)
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et il n'y avoit que ceux de cette famille lesquels pussent exercer la sacrificature. Les lévites leur étoient subordonnés, et a voient soin, entre autres choses, du chant, de la préparation des victimes, et de la garde du temple. Ce nom de lévite ne laisse pas d'être donné quelquefois indifféremment à tous ceux de la tribu. Ceux qui étoient en semaine avoient, ainsi que le grand-prêtre, leur logement dans les portiques ou galeries dont le temple étoit environné, et qui faisoient partie du temple même. Tout l'édifice s'appeloit en général le lieu saint : mais on appeloit plus particulièrement de ce nom cette partie du temple intérieur où étoient le chandelier d'or, l'autel des parfums , et les tables des pains de proposition; et cette partie étoit encore distinguée du Saint des saints, où étoit l'arche, et où le grand-prètre seul siToit droit d'entrer une fois l'année. C'étoit une tradition assez constante que la montagne sur laquelle ie temple fut b&ti étoit la même montagne où Abraham avoit autrefois offert en sacrifice son fils Isaac.
J'ai cru devoir expliquer ici ces particularités, afin que ceux à qui l'histoire de l'ancien Testament ne sera pas assez présente n'en soient point arrêtés ea lisant cette tragédie. Elle a pour sujet Joas reconnu et mis sur le trône; et j'aurois dû , dans les règles, l'intituler Joas : mais la plupart du monde n'en ayant entendu parler que sous le nom d'Athalie, Je n'ai pas jugé à propos do la leur présenter sous un autre titre, puisque d'ailleurs Athalie y joue un personnage si considérable , et que c'est sa mort qui termine 1? pièce. Voici une partie des principaux événemeots qui de- «ancèrent cette grande action.
Joram, roi de Juda, fils de Josaphat, et le septième roi de la race de David, épousa Athalie, fille d'Achab et de Jéxabel, qui régnoient en Israël, fameux l'un et l'autre, mais principalement Jézabel , par leurs sanglantes persécutions contre les prophètes. Athalie, non moins impie que sa mère, entraîna bientôt le roi son mari dans l'idol&trie, et fft même construire dans Jérusalem un temple à Baal, qui étoit le
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dieu du pays de Tyr et de Sidoa, où Jézabel avoit pris aais* sance. Joram, après avoir vu périr par les mains des Arabes et des Philistins tous les princes ses enfants, à la réserve d 'Ochozias , mourut lui-même misérablement d'une longue maladie qui lui consuma les entrailles. Sa mort funeste n'empêcha pas Ochozias d'imiter son impiété et celle d'Âthalie sa mère. Mais ce prince, après avoir régné seulement un an , étant allé rendre visite au roi d'Israël, frère d'Athalie, fut enveloppé dans la ruine de la maison d'Âchab, et tué P"r l'ordre de Jéhu, que Dieu avoit fait sacrer par ses prof.^ (^tes pour régner sur Israël, et pour être le ministre de ses vengeances. Jéhu extermina toute la postérité d'Achab , et Et jeter par les fenêtres Jézabel , qui , selon la prédiction d'elle, fut mangée des chiens dans la vigne de ce même Naboth qu'elle avoit fait mourir autrefois pour s'emparer de son héritage. Athalie, ayant appris à Jérusalem tous ces massacres , entreprit de son côté d'éteindre entièrement la race royale de David, en faisant mourir tous les enfants d'Ochozias, ses petits-fils. Mais heureusement Josabeth, sœur d'Ochozias, et fille de Joram, mais d'une autre mère qu' Athalie, étant arrivée lorsqu'on égorgeoit les princes ses neveux , elle trouva moyen de dérober du milieu des morts le petit Joas , encore à la mamelle , et le confia avec sa nourrice au grand-prêtre son mari, qui les cacha tous deux dans le temple, où l'enfant fut élevé secrètement jusqu'au jour qu'il fut proclamé roi de Juda. L'Histoire des Rois dit que ce fut la septième année d'après. Mais le texte grec des Paralipomènes, que Sévère Sulpice a suivi, dit que ce fut la huitième. C'est ce qui m'a autorisé à donner à oe priiici; neuf à dix ans, pour le mettre déjà en état de répondre aux questions qu'on lui fait.
Je crois ne lui avoir rien fait dire qui soit au-de&sas de la portée d'un enfant de cet âge qui a de l'esprit et de la mé» ^oire. Mais, quand j'aurois été un peu au delà, il faut considérer que c'est ici on enfant tout extraordinaire, elev«
.ns le temple par un grand-prêtre, qui, le regardant comrne
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l'unique espérance de sa nation , l'avoit instruit de bonii« heure dans tous les devoirs de la religion et de la royauté. Il n'en étoit pas de même des enfants des Juifs que de la plupart des nôtres : on leur apprenoit les saintes lettres, non-seulement dès qu'ils avoient atteint l'usage de la raison, mais, pour me servir de l'expression de saint Paul, dès la mamelle. Chaque Juif étoit obligé d'écrire une fois en sa vie •, de sa propre main , le volume de la loi tout entier. Les rois étoient même obligés de l'écrire deux fois, et il leur étoit enjoint de l'avoir continuellement devant le& yeux. Je puis dire ici que la France voit en la personne d'un prince de huit ans et demi *, qui fait aujourd'hui ses plus chères délices, un exemple illustre de ce que peut dans un enfant un heureux naturel aidé d'une excellente éducation, et que si J'avois donné au petit Joas la môme vivacité et le même discernement qui brillent dans les reparties de ce Jeune prince, on m'auroit accusé avec raison d'avoir péché contre les règles de la vraisemblance.
L'âge de Zacharie, fils du grand-prêtre, n'étant point marqué, on peut lui supposer, si l'on veut, deux ou trois ans de plus qu'à Joas.
J'ai suivi l'explication de plusieurs commentateurs fort habiles, qui prouvent, par le texte même de l'Écriture, que tous ces soldats à qui Joîada, ou Joad, comme il est appelé dans Josèphe, fit prendre les armes consacrées à Dieu par David, étoient autant de prêtres et de lévites, aussi bien que les cinq centeniers qui les commandoient. En effet, disent ces interprètes, tout devoit être saint dans une si sainte action, et aucun profane n'y devoit être employé. Il s'y agi s~ Boit non-seulement de conserver le sceptre dans la maison de David, mais encore de conserver à ce grand roi cette suite de descendants dont devoit naître le Messie : « Car ce