Ceci n'est point exact
t. Louis de France, duc de Bourgogne, fils de Monseigneur, élève de Fénelon. Il n'avait réellement que huit ans et demi dans les premiers mois de 1691, lorsyie Kaciue fit cette préface.
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Messie tant de fois promis comme fils d'Abraham , devoil
être aussi le fils de David et de tous les rois de Juda. » De là ïient que l'illustre et savant prélat de qui j'ai emprunté ces paroles appelle Joas le précieux reste de la maison de David. Josèphe en parle dans les mêmes termes; et l'Écriture dit expressément que Dieu n'extermina pas toute la famille de Joram , voulant conserver à David la lampe qu'il lui avoit promise. Or cette lampe, qu'étoit-ce autre cbose que la lumière qui devoit être un jour révélée aux nations?
L'histore ne spéciale point le jour où Joas fut proclamé. Quelques interprètes veulent que ce fût un jour de fête. J'ai choisi celle de la Pentecôte, qui étoit l'une des trois grandes fêtes des Juifs. On y célébroit la mémoire de la publication de la loi sur le mont Sinaï , et on y offroit aussi à Dieu les premiers pains de la nouvelle moisson : ce qui faisoit qu'on jà nommoit encore la fête des prémices. J'ai songé que ces circonstances me fourniroient quelque variété pour les chants du chœur.
Ce chœur est composé de jeunes filles de la tribu de Lévi, ei je mets à leur tête une fille que je donne pour sœur à Zacharie. C'est elle qui introduit le chœur chez sa mère. Elle chante avec lui, porte la parole pour lui, et fait enfin tes fonctions de ce personnage des anciens chœurs qu'on appeloit le coryphée. J'ai aussi essayé d'imiter des anciens cette continuité d'action qui fait que leur théâtre ne demeure jamais vide, les intervalles des actes n'étant marques que par des hymnes et par des moralités du chœur, qui otA, rapport à ce qui se passe.
On me trouvera peut-être un peu hardi d'avoir osé mettre 4ur la scène un prophète inspiré de Dieu , et qui prédit l'avenir. Mais j'ai eu la précaution de ne mettre dans sa bouche que des expressions tirées dis prophètes mômes. Quoique l'Écriture ne dise pas en terme exprès que Joïada ait eu l'esprit de prophétie, comme eJe le dit de son fils, elle le représente comme un homme tout plein de l'esprit
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de Dieu. Et d'ailleurs ne parolt-il pas, par l'Évangile, qu'l a pu prophétiser en qualité de souverain pontife? Je suppose donc qu'il voit en esprit le funeste changement de Joas qui, après trente, ans d'un règne fort pieux, s'abandonna aux mauvais conseils des flatteurs, et se souilla du meurtre de Zacharie, fils et successeur de ce grand -prêtre. Ce meurtre , commis dans le temple, fut une des principales causes de la colère de Dieu contre les Juifs , et de tous les malheurs qui leur arrivèrent dans la suite. On prétend même que depuis ce jour-là les réponses de Dieu cessèrent entièrement dans le sanctuaire. C'est ce qui m'a donné lieu de faire prédire de suite à Joad et la destruction du temple et la ruine de Jérusalem. Mais, comme les prophètes joignent d'ordinaire les consolations aux iienaces, et que d'ailleurs il s'agit de mettre sur le trône un des ancêtres du Messie, j'ai pris occasion de faire entrevoir la venue de ce consolateur, après lequel tous les anciens justes soupiroient. Cette scène, qui est une espèce d'épisode, amène très-natu^ rellement la musique, par la coutume qu'avoient plusieurs prophètes d'entrer dans leurs saints transports au son des instruments : témoin cette troupe de prophètes qui vinrent au-devant de Saûl avec des harpes et des lyres qu'on portoit devant eux; et témoin Elisée lui-même, qui, étant consulté sur l'avenir par le roi de Juda et par le roi d'Israël , dit, comme fait ici Joad : Adducite mihi psaltem. Ajoutez à cela que cette prophétie sert beaucoup à augmenter le trouble dans la pièce, par la consternation et par les différents mouvements où elle jette le chœur et les principaux acteurs *.
I. Le silence que l'auteur garde lur la conduite de sa pièce dans cette préface est remarquable. Dans ses autres préfaces , il a coutume de parler de l'économie de sa tragédie, du succès qu'elle a ea, ou des critiques qu'elle a essuyées ; il se contente ici d'instruire le lecteur du sujet , et ne dit rien de la manière dont il l'a traité , et de ce qu'il pense de son ouvrage. Comme cette tragédie n'avait pas été représentée sur la scène, il ignorait l'impression qu'elle pouvait faire sur les spectateurs : il n'ose aonc en rien dire : il attend le jugement du public. ( L. R. }
ATÏÏALIE
PERSONNAGES
JOA.S, roi de Juda, fils d'Ochoziaa.
aTHALIE, veuve de Joram, aïeule de Joas. JOAD, autrement Jol AD A, grand -piôtre. JOSABBTE, tante de Joas, femme du grand-prètic ZACHARIE, fils de Joad et de Josabeth.
BALOMITH, sœur de Zacharie.
ABNER, l'un des principaux officiers des rois de Jnda. AZARIAS, ISMABL, BT LBS TROIS autres
CHBFS DBS PRftTBBS BT DBS l£vITBS.
MATH AN, prêtre apostat, sacrificateur de BaaL
NABAL, confident de Mathan.
AOAR, femme de la suite d'Athalie.
Troupb db prêtres et de lévites.
SotTB d'Atbalib.
La Nodbricb de Joas.
Cbœdr db jbunes fillbb de la tribo db LÉvt,
la scène est dans le temple de Jérusalem , dans un vesfibtUt 4ê l'appartement du grand-prêtre.
ATHALIE
TBAGÉDIE