‹ Théatre complet. Avec des remarques littéraires et un choix de notes classiquesChapitre 430 sur 459 · J3AS · texte numérisé non relu

J3AS

Ils m'ont abandonné.

ATHALIB.

Comment? et depuis quand?

JOAS

Depuis que je suis né.

ATHALIE

Ne sait-on pas au moins quel pays est le vôtre?

JOAS

Ce temple est mon pays; Je n'en connois point d'autre,

ATHALIB.

Où dit-on que le sort vous a fait rencontrer?

JOAS

Parmi des loups cruels prêts à me dévorer.

ATHALIB.

Qui TOUS mit dans ce temple?

Une femme inconnue, Qui ne dit point son nom, et qu'on n'a point revue.

ATHALIB.

Hais de vos premiers ans quelles mains ont pris solnt

JOAS

Oieu laissa-t-il Jamais ses enfants au besoin? Aux petits des oiseaux il don ce leur pâture, Et sa bonté s'étend sur toute la nature. Tous les Jours Je l'invoque , et d'un soin paternel 11 me nourrit des dons offerts sur son autel.

ATHALIB.

Quel prodige nouveau me trouble et m'embarrasse? La douceur de sa voix, son enfance, sa grâce , Font insensiblement à mon inimitié Succéder... Je serois sensible h la pitié?

698 ATHâLIB.

ABNER

Madame, Tollà donc cet ennemi terribleT De vos songes menteurs l'imposture est visible, A moins que la pitié qui semble voas troubler Ne Boit ce coup fatal qui tous faisoit trembler.

ATHALIE, L Joas et l JoMbetb.

Vous sortez?

fOSABBTH.

Vous ayez entendu sa fortune :

Sa présence à la fin pourroit être importune.

ATHALIB.

(AJou.) Non : revenes. Quel est tous les Jours votre empld 1

radore le Seigneur ; on m'explique sa loi ; Dans son livre divin on m'apprend à la lire, Et déjà de ma main Je commence à l'écrire.

ATHALIB.

Que vous dit cette loiT

JOAS

Que Dieu veut être aimé j Qu'il venge tAt ou tard son saint nom blasphémé ; Qu'il est le défenseur de l'orphelin timide ; Qu'il résiste au superbe, et punit l'homicide.

ATHALIB.

J'entends. Mais tout ce peuple enfermé dans ce lieu, A quoi s'occupe-t-il T

lOAS.

n loue, il bénit Dieu.

ATBALIB.

Dieu veut-il qu'à toute heure on prie, on le contempla?

JOAS

Tout profane exercice est banni de son temple.

ATHALIB.

Quels sont donc vos plaisirs t

Quelquefois à l'autel Je présente au grand-prêtre ou l'eacens ou le sel; Tentends chanter de Dieu les grandeurs infinies; Je vois l'ordre pompeux de ses cérémonies.

ATHALIB.

Hé quoil vous n'avez point de passe-temps plus douxt

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