‹ Théatre complet. Avec des remarques littéraires et un choix de notes classiquesChapitre 431 sur 459 · ACTE · texte numérisé non relu

ACTE

Je plains le triste sort d'un enfant tel que vous. Venez dans mon palais, vous y verrez ma gloire.

JOAS

Moi ! des bienfaits de Dieu Je perdrois la mémoire !

ATHALIB.

Non , Je ne toos veux pas contraindre à l'oublier.

JOAS

Vous ne le priez point.

ATHALIB.

Vous le pourrez pner.

JOAS

Je verrois cependant en invoquer un autre.

ATHALIB.

J'ai mon Dieu que je sers; vous servirez le vôtre t Ce sont deux puissants dieux.

JOAS

Il faut craindre le mien, Lui seul est Dieu, madame, et le vôtre n'est rien.

ATHALIB.

Les plaisirs près de moi vous chercheront en foule.

Le bonheur des méchants comme un torrent s'écoule.

ATHALIB.

Ces méchants, :[ui sont-ils 7

JOSABBTH.

Hé, madame I excusez Un enfant...

ATHALIB, à Josabeth.

J'aime à voir comme vous l'instruisez.

Enfin, Éliacin, vous avez su me plaire; Vous n'êtes point sans doute un enfant ordinaire. Vous voyez, je suis reine, et n'ai point d'héritier: Laissez là cet habit, quittez ce vil métier; Je veux vous faire part de toutes mes richesses ; Essayez dès ce jour l'effet de mes promesses. A ma table, partout, à mes côtés assis , Je prétends vous traiter comme mon propre fils.

JOAS

Comme votre fils?

ATHALIK.

OuL.. Vous TOUS taises?

TOC ATHALIB.

lOAS.

Quel père la quitterois ! et pour...

ATHALIB.

Hé Ment

Pour quelle mèro!

ATHATIE, à Josabelb.

Sa mémoire est Adèle , et, dans tout ce qu'il dit, De vous et de Joad Je reconnois l'esprit. Voilà comme, infectant cette simple jeunesse , Vous employez tous deux le calme où je vous laisse. Vous cultivez déjà leur haine et leur fureur ; Vous ne leur prononcez mon nom qu'avec horreur.

iOSABETH.

Peut-on de nos malheurs leur dérober l'histoire T Tout l'univers les sait ; vous-mCme en faites gloire.

ATHALIE

Oui, ma Juste fureur, et J'en fais vanité,

A vengé mes parents sur ma postérité.

J'aurois vu massacrer et mon père et mon frère.

Du haut de son palais précipiter ma mère,

Et dans un môme jour égorger à la fois

(Quel spectacle d'horreur! ) quatre-vingts fils de rot»|

Et pourquoi? Pour venger je ne sais quels prophètes

Dont elle avoit puni les fureurs indiscrète» :

Et moi, reine sans cœur, fille sans amitié,

Esclave d'une lâche et frivole pitié,

Je n'aurois pas du moins à cette aveugle rage

Rendu meurtre pour meurtre, outrage pour outrage,

Et de votre David traité tous les neveux

Comme on traitoit d'Achab les restes malheureux !

Où serois-Je aujourd'hui, si, domptant ma foiblesse,

Je n'eusse d'une mère étouffé la tendresse ;

SI de mon propre sang ma main versant des flots

N'eût par ce coup hardi réprimé vos complots?

Enfin de votre Dieu l'implacable vengeance

Entre nos deux maisons rompit toute alliance:

David m'est en horreur, et les fils de ce roi ,

Quoique nés de mon sang, sont étrangers pour moi.

JOSABBTH.

Tout vous a réussi. Que Dieu voie, et nous jugel

▲CTB IL 701

ATHALIB.

Ce Diea, depuis longtemps votre unique reruge, Que deviendra Teffet de ses prédictions? Qu'il vous donne ce roi promis aux nations. Cet enfant de David, votre espoir, votre attpr*'>... Mais nous nous reverrons. Adieu! Je sorsconiLina: J'ai Toulo voir, J'ai vu.

ABifBR, i Josabeth.

Je vous Pavois promis:

Je vous rends le dépdt que vous m'avez commis.

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