‹ Théatre complet. Avec des remarques littéraires et un choix de notes classiquesChapitre 441 sur 459 · JOAD, JOSABETH · texte numérisé non relu

JOAD, JOSABETH

JOS ABETH.

L'orage se déclare :

Athali» ?n fiircur demande Éliacin.

Déjà de sa naissance et de votre dessein On commence, seigneur, à percer le mystère : Peu s'en faut que Matlian ne m'ait nommé son pft!%

JOAD

Au perBde Matban qui l'auroit révélé ?

Votre trouble à Mathan n'a-t-il point trop parlét

JOSABETH

rai fait ce que J'ai pu pour m'en rendre maîtresse.

Cependant, croyez-moi, seigneur, le péril presse.

Réservons cet enfant pour un temps plus heureux.

Tandis que les méchants délibèrent entre eux ,

Avant qu'on l'environne, avant qu'on nous l'arrache.

Une seconde fois souffrez que je le cache :

Les portes, les chemins lui sont encore ouverts.

Faut-il le transporter aux plus affreux déserts T

Je suis prête : Je sais une secrète issue

Par où, sans qu'on le voie, et sans être aperçue.

De Cédron avec lui traversant le torrent,

J'irai dans le désert où jadis en pleurant,

Et cherchant comme nous son salut dans la fuite,

David d'un fils rebelle évita la poursuite.

Je craindrai moins pour lui les lions et les ours...

Mais pourquoi de Jéhu refuser le secours?

Je vous ou^Te peut-être un avis salutaire.

Faisons de ce trésor Jéhu dépositaire.

On peut daas ses États le conduire aujourd'hui,

Et le chemin est court qui mène jusqu'à lui.

Jéhu n'a point un cœur farouche, inexorable;

De David à ses yeux le nom est favorajie.

Hélas ! est-il un roi si dur et si cruel ,

A moins qu'il n'eût pour mère une autre Jézabel,

Qui d'un tel sappliant ne plaignit l'infortune t

Ba cause à tous les rois n'est-elle pas communet

JOAD

Quels timides conseils m'oses-vous suggérer? En l'appui de Jéhu poumez-vous espérer!

114 ATHALIB.

90SABETH.

Dieu défend-il tout soin et toute prévoyance? Ne roflense-t-on point par trop de confiance? A ses desseins sacrés employant les humains, N'a-t-il pas de Jéhu lui-même armé les mains?

lOAD.

Jéhu, qu'avoit choisi sa sagesse profonde,

Jéhu, sur qui je vois que votre espoir se fonde,

D'un oubli tror • ugrat a payé ses bienfaits :

Jého laisse d'Âciiab l'affreuse fille en paix ,

Suit des rois d'Israfil les profanes exemples ,

Du vil dieu de l'Egypte a conservé les temple»;

Jéhu , sur les hauts lieux enfin osant offrir

On téméraire encens que Dieu ne peut souffrir \

N'a pour servir sa cause et venger ses injures

Ni le coeur assez droit , ni les mains assez pures.

Non , non : c'est h Dieu seul qu'il faut nous attacher.

Montrons Éliacin; et, loin de le cacher,

Que du bandeau royal sa tôte soit ornée :

Je veux même avancer l'heure déterminée.

Avant que de Mathan le complot soit formé.

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