‹ Théatre complet. Avec des remarques littéraires et un choix de notes classiquesChapitre 7 sur 459 · JOCASTE, OLYMPE · texte numérisé non relu

JOCASTE, OLYMPE

JOCASTE

Ils sont sortis. Olympe? Ah! mortelles douleurs! Qu'un moment de repos me va coûter de pleurs! Mes yeux depuis six mois étoient ouverts aux larmes Et le sommeil les ferme en de telles alarmes ! Puisse plutôt la mort les fermer pour jamais. Et m'empêcher de voir le plus noir des forfaits ! Mais en sont-ils aux mains?

OLYMPE

Du haut de la muraille Je les ai vus déjà tous rangés en bataille; J'ai vu déjà le fer briller de toutes parts; Et pour vous avertir j'ai quitté les remparts. J'ai vu, le fer en main, Étéocle lui-même; Il marche des premiers; et, d'une ardeur extrême, D montre aux plus hardis à braver le danger.

JOCASTE

N'en doutons plus. Olympe, ils se vont égorger.

(A un page.) Que l'on coure avertir et hâter la princesse; Je l'attends. Juste ciel, soutenez ma faiblesse! U faut courir , Olympe , après ces inhumains ; Il les faut séparer, ou mourir par leurs mains. Nous voici donc, hélas! à ce jour détestable Dont la seule frayeur me rendoit misérable I Ni prière ni pleurs ne m'ont de rien servi ;

Et le courroux du sort vouloit être assouvi.

O toi, soleil, ô toi qui rends le Jour au monde,

Que ne l'as-tu laissé dans une nuit profonde!

A de «i noirs forfaits prêtes -tu tes i ayons?

Et peux -tu sans horreur voir ce que nous voyons?

Mais CCS monstres, hélas! ne t'épouvantent guères;

La race de Laïus les a rendus vulgaires ;

Tu peux voir sans frayeur les crimes de mes fils,

Après ceux que le père et la mère ont commis.

Tu ne t'étonnes pas si mes fils sont perfides ,

S'ils sont tous deux méchants, et s'ils sont parricides :

Tu sais qu'ils sont sortis d'un sang incestueux,

Et tu t'étonnerois s'ils étoient vertueux.

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