ACTE PREMIER. 13;j
Non , seigneur : que les Grecs cherchent quelque autra proie -. Qu'ils poursuivent ailleurs ce qui reste de Troie : De mes inimitiés le cours est achevé ; T.'Épire sauvera ce que Troie a sauvé.
ORESTB.
Seîgnenr, vous savez trop avec quel artifice
Un faux Astyanax fut offert au supplice
Où le seul fils d'Hector devoit être conduit;
Ce n'ert pas les Troyens, c'est Hector qu'on poursuit.
Oui, les Grecs sur le fils persécutent le père;
Il a par trop de sang acheté leur colère.
Ce n'est que dans le sien qu'elle peut expirer:
Et jusque dans V'^~!re il les peut attirer :
Prévenez-lea.
PTRRHDS.
Non, non. J'y consens avec joie !
Qu'ils cherchent dans l'Épire une seconde Troie; Qu'ils confondent leur haine, et ne distinguent plui Le sang qui les fit vaincre, et celui des vaincus. Aussi bien ce n'est pas la première injustice Dont la Grèce "d'Achille a payé le service. Hector eu profita, seigneur; et queJ';;-je jour Son fils en pourroit bien profiter à son tour.
ORBSTE.
Ainsi la Grèce en vous trouve un enfant rebelle?
PYRRHUS
Et je n'ai donc vaincu qae pour dépendre d'elle?
ORESTE
Hermione, seigneur, arrêtera vos coups : Ses yeux s'opposeront entre son père et vous.
PYRRHUS
Hermione, seigneur, peut m'ètre toujours chère Je puis l'aimer, sans être esclave de son père ; Et je saurai peut-être accorder quelque jour Les soins de ma grandeur et ceux de mon amour. Vous pouvez cependant voir la fille d'Hélène : Dn sang qui vous unit je sais l'étroite chaîne. Après cela, seigneur, je ne vous retiens plus, Et vous j'^ourrez aux Grecs annoncer mon refus'.
I. Celle scèno, pour l'intérêt rlu sujet et pour l'éloquence du stjlc, ■érite il'étre ciiAe panni les plan t>ell«v« du théâtre français.