‹ Théâtre complet de Auguste VacquerieChapitre 131 sur 165 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

AGUSTIN

Faisons bien attention. Au moindre danger, il faudrait appeler Martin Diaz.

DIONIS

Dis donc, Agustin, sais-tu la réflexion que je faisais là tout à l'heure ?

AGUSTIN

Non.

DIONIS

Voici un tombeau commencé il y a plus de six ans ; on Ta quitté, on Ta répris, on Fa terminé hier ; bon. Tant qu'il n'a pas été près d'être fini, l'infant a vécu tranquille, il a été puissant, il s'est bien porté. Au moment juste où son tombeau est achevé, il meurt. Ne trouves-tu pas cela prodigieux ?

AGUSTIN

Au contraire, je trouve cela tout simple.

DIONIS

Comment ?

AGUSTIN

Veux-tu que je te dise une chose ? Si j'étais riche, je n'emploierais pas les sculpteurs à me faire mon tombeau.

DIONIS

Pourquoi?

AGUSTIN

Parce que le tombeau est la moitié de Tenterrement.

Page 1