‹ Théâtre complet de Auguste VacquerieChapitre 132 sur 165 · D I ON I S · texte numérisé non relu

D I ON I S

Et puis?

AGUSTIN

Ris, si tu veux; mais moi, je suis persuadé que vous mourez plus tôt quand vous avez dans la terre un trou qui vous invite, qu'on a creusé pour vous, auquel vous vous devez. Est-ce que personne, a jamais su pourquoi nous mourons? A moins de croire que tout arrive par hasard, il faut bien admettre que, princes comme manants, la nature nous met où nous sommes utiles: Cette vérité reconnue, l'infant n'était-il pas insensé de faire que sa mort servît? A boucher un trou, je ne te dis pas non ; mais à quoi servait sa vie? Quel homme, si largement important qu'il se suppose, fera jamais dans le monde un vide de six pieds? Dieu compare en silence le vide que vous laissez sur terre et celui que vous comblez dedans, et, le sépulcre étant plus grand que l'œuvre, il vous y jette. L'infant n'avait aucun motif de mourir, à vingt-cinq ans; il n'avait pas de maladie; mais il avait son tombeau. Il n'a pas pu résister à ce grand diable de trou qui bâillait en l'attendant.

DIONIS

Après tout, qui sait? Tu as peut-être raison. Lorsqu'an a sous les pieds seulement un creux de cent brasses, on a le vertige; et l'infant creusait sous ses pieds l'éterniié.

AGUSTIN

Attention! (n va à ia porte.) Les prières sont dites. Ils viennent par ici. Sortons. (lis sortent.)

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