ACTE SIXIÈME. 249 DON JORGE, apercevant sa mère, à part
Dona Beatriz !
DON A BEATRIZ, se jetant au-devant de lui.
Que viens-tu faire ici?
DON JORGE
Et vous?
DONA BEATRIZ.
Tu viens pour un crime !
DON JORGE
Pour un châtiment.
DONA BEATRIZ.
Tu l'avoues! Tu es un malheureux !
DON JORGE
Madame...
DONA BEATRIZ.
Tu vois, tu n'oses déjà plus m'appeler ta mère.
DON JORGE
Madame, vous étiez avec les amis de l'infant...
DONA BEATRIZ.
Oui, j'y étais, quoique je sois encore vivante,.
DON JORGE
Vous connaissez donc la promesse que j'ai faite. Je l'ai faite en face des tombes,
DONA BEATRIZ.
Tu sors d'une tombe, et tu veux tuer!
DON JORGE
Ma résolution est plus froide et plus irrévocable que le cadavre devant lequel je l'ai prise.
D ON A BEAT RIZ
Mais je suis là, moiî
DON JORGE
Que pouvez-vous?
DON A BEATRIZ,
Je peux pleurer!
DON JORGE
VOUS le pOUVeZ. [D fait uu pas vers la chambre du roi./ DON A BEATRIZ.
Où vas-tu donc? Le roi n'est pas là.
DON JORGE
Si, Mudarra m'a dit en bas qu'il dormait.
DON A BEATRIZ.
Et tu frapperais un homme endormi !
DON JORGE
Je le réveillerai ! Laissez-moi.
DO 5 A BEATRIZ.
Non, je ne te laisse pas! Écoute-moi. J'ai d'excellentes raisons à te donner. Causons tranquillement. Ah! je voudrais être morte! Voyons, je suppose que tu... Non! c'est impossible! devant moi! lui! toi! Au premier cri du roi, les arbalétriers accourraient, tu ne pourrais pas t'échapper.