ACTE PREMIER
TRAGALDABAS
Quel semblant?
MÏNOTORO, à Grif.
Laisse-moi !
GRIF.
Pourtant, s'il est sincère?
La mort d'un homme, à moins d'être bien nécessaire r Ou bien payée...
Allons! qu'il soit fait à ton gré.
Tu seras bien content quand il t'aura livré !
GRIF.
Attends.
A Tragaldabas.
Tu vivras.
TRAGALDABAS
Ah!
GRIF.
Seulement, ta conduite Étant louche, on ne peut te permettre la fuite Qu'après le duc passé. Jusque-là, tu devras Nous tenir compagnie et nous offrir ton bras.
TRAGALDABAS, consentant.
Pour vivre!...
GRIF.
Et puis il faut une peine à ta faute.
TRAGALDABAS
Nous sommes, ce senor et moi, — cela te saute
Aux yeux, — d'humeur folâtre. Eu ce jour de gaîté,
Tout à l'heure, en causant, nous avons projeté
D'effarer brusquement toute la populace
En tirant, quand le duc paraîtra sur la place,
Un coup de pistolet. Ce sera, s'il te plaît,
Toi qui le tireras.
TRAGALDABAS
Un coup de pistolet?
G R I F , bas à Minotoro»
Il donnera pour nous le signal de l'émeute.
TRAGALDABAS
Je serais en Afrique et j'aurais une meute
De tigres aux talons, que, j'en atteste Dieu,
Je ne tirerais pas un coup d'une arme à feu.
Les journaux ne sont pleins que d'accidents de chasse.
Toucher un pistolet !
GRIF.
Sans cela, pas de grâce.
TRAGALDABAS
Je tirerai ; mais pas aujourd'hui...
MINOTORO.
Finissons !
TRAGALDABAS
Je vous demande un mois pour prendre des leçons.