ACTE QUATRIÈME. 93 DO N A CAPRINA
Rien.
DON ELISEO.
Alors, qui vous arrête?
ÏRAGALDABAS.
DON ELISEO.
Est-ce peur que ça vous compromette D'entrer chez un garçon? avec votre mari!
TRAGALD AB AS.
J'en serai, moi !
DON ELISEO.
D'ailleurs, vous êtes à l'abri Des indiscrétions. Bien que mon oncle livre Son parc entier, la foule, habituée à suivre, Vous l'avez vu, s'étouffe à l'autre extrémité ; Pas un visage humain dans ce coin écarté; Pas un dans ce chalet, non plus; la table prête, Les gens s'en sont allés jusqu'au soir à la fête, Et vous n'aurez ici d'autre valet que moi.
TRAGALDABAS
Pour le coup !
DONA CAPRINA.
Mon motif n'est pas la crainte.
DON ELISEO.
Quoi
Alors?
TRAGALDABAS
TR AGALDABAS.
Alors quoi?
DOiXÀ CAPRIN A.
Mais c'est ce motif tout bête Qu'uniquement venue afin de voir la fête, Je désire la voir.
TRAGALDABAS, à don Eliseo.
Parlez.
DON ELISEO.
Il est certain Que vous ne la voyez que depuis le matin, Et qu'après être ici quelques instants entrée Vous ne la verriez plus que toute la soirée. Je conviens avec vous que c'est bien peu de temps Pour vous faire assourdir aux cris des charlatans, Aux fifres, aux pétards, pour être coudoyée Par cette tourbe épaisse, et foulée, et broyée, Et que vous risquerez, si chez moi l'on s'assied, De n'avoir qu'une côte enfoncée et qu'un pied Écrasé.
TRAGALDABAS
Fort bien dit.
DONA CAPRIN A.
Et moi, je vous accorde Que, musiques, chansons, mouvement qui déborde, Une ville dehors, les amis rencontrés, L'entrain universel vous gagnant par degrés, L'orgueil, quand de son mieux on s'est accommodée, De traverser la foule et d'être regardée,