‹ Théâtre complet de Auguste VacquerieChapitre 96 sur 165 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

Paraissent L'ALCADE -MA Y OR et ESTEBAN.

l'alcade.

Sur cette terrasse, nous serons seuls. Parle, à présent

ESTEBAN

Seigneur alcade, je crois que nous tenons don Manuel.

l'a LC ADE.

L'infant!

ESTEBAN

Oui.

l'alcade.

Si tu dis vrai, demande-moi ce que tu voudras Comment l'as-tu déniché?

E S TE BAN

Ce serait trop long à vous conter dans ce moment. Vous savez bien, ce petit page?

l'alcade.

De dona Florinde?

ESTE BAN

Que j'avais remarqué pour aller et venir un peu souvent? que j'avais suivi? inutile; je ne sais pas comment il s'y prenait, mais il vous entortillait dans les ruelles, et, tout à coup, à l'angle d'un mur, il disparaissait, plus de page, le diable l'avait escamoté. Ça devenait monotone. Donc, un soir, il y a huit jours, au lieu de trouver sur sa route des hommes, il y a trouvé une femme. Seize ans, et des yeux! Si bien que, cette fois, au lieu de fuir, il a poursuivi. Je vous passe les détails. La fille reconduite chez elle ; ardeur du page, vertu de la fille; huit jours là-dessus... l'alcade.

L'amour du page devenu de la passion...

ESTE BAN

Ils se voyaient tous les jours. Ce matin, colère de la fille : elle s'était informée du page et venait d'apprendre qu'il sortait mystérieusement toutes les nuits. Où allait-il? chez quelque maîtresse, sans doute. Jalousie, fureur, défense de jamais reparaître. Le page a juré énergiquement qu'il n'allait chez aucune femme; mais elle a haussé les épaules et a montré sa porte. Alors il lui a dit qu'il allait chez l'infant. Elle ne Ta pas cru sans preuve. L'amoureux, après lui

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