ESTER A N
C'est pourquoi, ce soir, quand le page a ouvert à la fille, c'est moi qui suis entré. Dix hommes m'accompagnaient à distance. Le page a crié, j'ai entendu une voix dans une chambre voisine, des pas, une fenêtre qui s'ouvrait, je me suis précipité, j'ai vu quelqu'un qui sautait, j'ai sauté après lui, je l'ai pourchassé de rue en rue, et j'allais l'atteindre, lorsqu'il est arrivé devant ce palais. La foule était grande sur la place, à cause de la fête. Il s'y est jeté. Et voulez-vous que je vous dise ma pensée? je crois qu'il est entré ici.
l'alcade.
Ici?
ESTEB AN.
Il m'a semblé le voir se glisser dans un groupe qui entrait.
L'ALCADE, riant.
Chez doha Beatriz de Lara! L'asile serait singulièrement choisi.
ESTEB AX.
Il n'avait pas le choix. La première porte ouverte a été la bonne.
l'alcade.
En ce cas, il est à nous! Va vite et reviens avec des hommes. Tu les laisseras d'abord aux portes, et tu viendras m'avertir. Tu es un bon chien de chasse. Va. — Esteban! Il va probablement faire avertir dona Florinde. Il payera quelque valet. Si elle allait accourir ici, elle pourrait nous être utile. Fais surveiller sa rue. Va maintenant. (Esteban sort.)
L'ALCADE, seul.
Ah ! infant don Manuel ! Le roi ne dira plus que je ne sais pas mon métier. Cache-toi dans la foule ou dans les jardins, tu ne m'échapperas pas. (iisort. — Entre
don Jorge de Lara; dona Beatriz le suit.)