‹ Théâtre complet de Beaumarchais, réimpr. des éd. princeps, avec les variantes des MSS. originaux (volume 2)Chapitre 112 sur 184 · I. Viriinte · texte numérisé non relu

I. Viriinte

Pauline.

Bonjour, mon cher Oncle; avez-vous mieux reposé cette nuit que la précédente?

AURELLY.

Fort bien; et toir

Pauline.

Votre conversation si sérieuse du souper m'a un peu agitée : elle m*a laissé une impression... j*ai peu dormi.

AuRELLY, en riant.

Nous aurons soin, à l'avenir, de monter nos bavardages sur un ton plus gai. Nous ne devons pas troubler les nuits de celle qui nous rend les jours si agréables.

(Pauline Vembrasse.)

Mélac père, à part.

Sa sécurité' me perce Tame.

AURELLY.

Ah çà ! mon enfant, quel amusement nous disposes-tu aujourd'hui ?

Pauline.

Cet après-midi? Grand assaut de Musique entre l'obstiné Mélac et moi, vous serez les Juges. Vous savez qu'il donne la préférence au Violon sur tout autre instrument.

AuRELLY, gaiement.

Et toi, tu défends le Clavecin à outrance ?

t« Variante 3o.

aSo LES DEUX AMIS.

Pauline.

Je soutiens Thonneur du Clavecin. La loi du combat est que le vaincu sera réduit à ne faire qu'accompagner l'autre, qui brillera seul tout le reste du Concert, et je vous confie que j'ai de quoi le faire mourir de dépit.

AURELLY.

Bravo! Bravo!

MÉLAC père, d!un ton pénétré.

Ne ferions-nous pas mieux, mes amis, de remettre ce Concert? Tant de gens sont à Lyon dans le trouble et l'inquiétude : « Il semble (dira-t-on) que ceux-ci £issent parade « de leur aisance pour insulter à l'embarras où les autres a sont plongés. » On comparera cette joie déplacée avec le désespoir qui poignarde peut-être en ce moment d'honnêtes gens qui ne s'en vantent pas.

AuRELLY, riant.

Ah, ah, ah! vois-tu comment ce grave Philosophe détruit nos projets d'un seul mot? Il Êiut bien lui céder pour avoir la paix. Remets ton cartel à quelque autre jour*.

MÉLAC père, à party en sortant.

Allons sauver, s'il se peut, l'honneur et la vie à ce malheureux.

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