‹ Théâtre complet de Beaumarchais, réimpr. des éd. princeps, avec les variantes des MSS. originaux (volume 2)Chapitre 122 sur 184 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

MÉLAC père; DABI N S arrive avec un gros paquet de Lettres de Change dans une main^ un papier dans Vautre.

MÉLAC père.

Le compte est-il juste. Monsieur Dabins ? Dans le trouble où nous sommes, on se trompe aisément. Rappelons les articles, avant de nous séparer. Sept mille cinq cent Louis en or que vous avez passés vous-même par le jardin '.

Dabins.

Monsieur, le Bordereau des sommes est en tête de ma reconnoissance.

(// la lui remet.)

M&AG père lit.

« Je soussigné, Caissier de Monsieur Aurelly, ai reçu de

1 Variante 3$. — s. Variante 40. — 3. Variante 4t.

« Monsieur de Mélac, Receveur Général des Fermes à

« Lyon, la somme de six cent mille livres » Cela va

bien; disposez vos paiemens sans éclat, comme si vos effets eussent été négociés à Paris ; moi, j'attends ma Chaise pour partir.

Dabins.

Et vous insistez sur ce qu'il ne sache pas?...

MÉLAC père.

Quel que soit son danger, je le connais, la crainte de me nuire lui feroit tout refuser.

Dabins.

Ainsi vous le quittez de la reconnaissance.

MéLAC père.

Exiger de la reconnaissance, c'est vendre ses services *; mais ce n'est pas ici le cas. Aurelly m'a souvent donné l'exemple de ce que je &is pour lui.

Oh! Monsieur! votre vertu s'exagère

MÉLAC père.

Non, cher Dabins ; depuis trente ans que je lui dois mon état et mon bien-être, voici la seule occasion que j'aie eue de prendre ma revanche '• Je quittais le service, où j'avais eu bientôt consumé le chétif patrimoine d*un Cadet de ma Province. Je revenais chez moi, blessé, réformé, ruiné, sans biens, ni ressources. Le hazard me fit rencontrer ici ce digne

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