‹ Théâtre complet de Beaumarchais, réimpr. des éd. princeps, avec les variantes des MSS. originaux (volume 2)Chapitre 132 sur 184 · AURELLY, PAULINE, SAINT-ALBAN · texte numérisé non relu

AURELLY, PAULINE, SAINT-ALBAN

Pauline, inquiète.

Qu'a donc Monsieur de Mélac, Mon oncle? Il sort d'avec vous dans un état affreux. J'ai voulu lui parler, il s*est enfermé brusquement sans me répondre.

AURELLY.

Eh ! mon en&nt I II se trouve un vuide de cinq cent mille fcancs dans sa caisse, on ne sait ni comment ni pourquoi. Je veux m'éclaircic : Monsieur de. Saint- Alban refuse le temps nécessaire.

Pauline, effrayée.

Ah ! Monsieur, si vous avec de l'estime pour nous...

Saint-Alban, tendrement.

De l'estime!...

AURELLY.

Seulement jusqu'à demain, que je pttisse découvrir...

Paxtline.

Jusqu'à demain. Monsieur... Nous refuserez-vous cette grâce?

Saint-Alban.

Ah 1 Mademoiselle, je donnerais ma vie pour vous obliger ; mais mon devoir a des droits sacrés que vous ne pouvez méconnaître, vous qui remplissez si bien tous les vôtres.

AURELLV.

Différer d'un jour, est-ce une faveur incompatible ?...

Saint-Albak.

N'abusez point de votre ascendant : il ne convient à ma mission, ni à mon honneur, que je vous écoute plus longtemps.

Pauune, outrée.

Comme il vous plaira, Monsieur ; mais j'ai assez de confiance en l'honnêteté de Monsieur de Mélac pour croire qu'on se trompe à son égard, et qu'il n'aura besoin ni de l'appui de ses amis, ni des grâces de ses Chefs.

Saint-Alban.

Puissiez-vous dire vrai, Mademoiselle ! Mais, dans l'état où sont les choses, il n'est pas décent que j'accepte un logement dans cette maison. Pardon si je vous quitte.

AuRELLY, avec chaleur.

Et moi, je ne vous quitte pas, en quelque endroit que vous alliez.

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