I. Variante
de coupables emportemens ! si le plus vif regret de vous avoir o£fensé...
AURELLY.
Offensé I Non, mon ami ; j'ai moins vu ta colère que rhonnête sentiment qui la rachetait. Ton respect filial m'a touché. ^ Demande à Pauline ce que je lui en ai dit.
MÉLAC fils.
Je connais les effets de votre amitié, et ma reconnaissance...
AuRELLY.
Elle me plaît; mais tu ne m'en dois que pour ma bonne volonté : tout est bien loin d'être terminé.
Malgré vos offres?
MéLAC fils.
Qui donc a suspendu?...
AuRELLY.
La chose la plus étonnante. Je parle à Saint-Alban, il accepte le paiement; mais il n'en allait pas moins écrire à sa Compagnie. L'honneur, l'état, la survivance, tout était perdu.
MÉLAC fils.
Le cruel !
AuRELLY.
Grands débats. Il paraît se rendre. Je crois tout fini : je l'embrasse en souhaitant de pouvoir l'obliger à mon tour.
338 LES DEUX AUfS.
Il me prend au mot : dans Fexcès et ma foie, f'y engage
mon honneur, (il Pauline.) Ecoute la conclusion.
MéLAC filsy à part.
Je tremble.
AtmCLLT.
t Vous avez une nièce charmante ; je Taime, je Tadore, c et je vous demande sa main. »
Pauune.
Juste Ciel !
MéLAC fils, à part.
Je Tavois prévu.
AURfcLLT, è Pauline»
Tu conçois quel a été mon embarras pour lui répondre.
Pauline.
Je vois le mal. Il est irréparable.
AtniELLY, baSj à Pauline.
Non ; mais lorsqu'il m'a demandé ta main, je n'ai pas dû, sans te consulter, aller lui confier le secret de ta naissance. Je viens expr^ pour cela: que lui dirai-je ?
Pauline, d'un ton réfléchi.
Croyez-vous qu'il traitât rigoureusement Monsieur de Mélac s'il était refusé ?
AURELLY.
Refusé! De quel droit le sommerais-je de sa parole en manquant à la mienne? Cest bien alors que tout serait perdu... Mais que faire? Tl veut tout terminer à la fois, il attend une réponse.
LES DEUX AMIS. SSç
Pauline regarde MélaCy et dit en soupirant.
Ptnsf tt^ qu'il 1« rtçoivc de m^ — Qu'il vieane.
MÉLAc fils, à partp ayec effroi.
Qu'il vienne !
Pauline.
Il est important que je lui parle.
Il sera ici dans un moment. Mon en&nt, je connais tes principes, dispose de toi-même à ton gré : je ne puis mettre en de plus sûres mains des intérêts si chers à mon cœur.