‹ Théâtre complet de Beaumarchais, réimpr. des éd. princeps, avec les variantes des MSS. originauxChapitre 109 sur 167 · M™» ALMAVIVA, SUZANNE · texte numérisé non relu

M™» ALMAVIVA, SUZANNE

M"" Almaviva.

Je n'ai rien- pu tirer de cette enfant ; ce sont des pleurs , des étouffemens... Elle se croit des torts envers moi , m'a demandé cent fois pardon; elle veut aller au couvent. Si je rapproche tout ceci de sa conduite envers mon fils, je présume qu'elle se reproche d'avoir écouté son amour, entretenu ses espérances, ne se croyant pas un parti assez considérable pour lui. Charmante délicatesse! excès d'une aimable vertu ! Monsieur Bégearss apparemment lui en a touché quelques mots qui l'auront amenée à s^affliger sûr

I. Edit. tuip, : Parmi d'antres meables, il doit y avoir une athénienoe.

278 LA MÈR,E COUPABLE.

elle, car c'est ua homme si scrapttleux et fi délicat sur l^onneur, qu'il 6*exagère quelquefois «t se ^sit des fom ôaae s où les autres ne voient rien.

SUZANNK.

J'ignore d'où proyient le mal, mais il se passe ici des choses bien étranges : quelque démon y sou£Be un feu secret. Notre maître est sombre à périr; il nous éloigne tous de luL Vous êtes sans cesse il pleurer, mademoiselle est suffoquée, monsieur votre fils désolé... monsieur Bégearss lui seul imperturbable comme un dieu, semble n'être affecté de rien, voit tous vos chagrins d'un œil sec...

M"» Almaviva.

Mon enfant, son cœur les partage. Hélas ! sans ce consolateur qui verse un baume sur nos plaies , dont la sagesse nous soutient, adoucit toutes les aigreurs, calme mon irascible époux, nous serions bien plus malheureux.

SuZANNK.

Je souhaite, madame, que vous ne vous abusiez pas.

W^ Almaviva.

Je t'ai vue autrefois lui rendre plus de justice. {Sufonm baisse le$xeux.) Au reste, il p^ut seul me tirer du trouble où cette enfant m'a mise; fais-le prier de descendre chez moi.

LA MiritE COUPABLE. 279

SUZANIVE.

Le voici qui vient à propos ; vous vous ferez coiffer plus tard. {Elle sort,)

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