Édit, 9uiv. : étonné
LA MÈRE COUPABLE. 33i
M"» Almàviva.
Monsieur, donnez-lui tout vos biens : mon fils et moi n'y mettrons point d'obstacle : son bonheur nous consolera. Mais» avant de nous séparer, que l'obtienne au moins une grâce ! Apprenez-moi comment vous êtes possesseur d'une terrible lettre que je croyais brûlée avec les autres. Quelqu'un m'a-t-il trahie ?
Figaro, s'écriani.
Oui, l'infâme Bégearss : je VtA surpris tantdt qui la remettait à monsieur.
Almàviva, parlant vite.
Non, je la dois au seul hasard. Ce matin, lui et moi, pour un tout autre objet, nous examinions votre écrain, sans nous douter qu'il y eût un double fond. Dans le débat, et sous ses doigts, le secret s'est ouvert soudain , à son trèsgrand étonnement ; il a cru le coffret brisé.
Figaro, criant plus fort.
Son étonnement d'un secret ? Monstre 1 c'est lui qui l'a fait faire !
Almàviva.
Est-il possible?
M*^ AuavivA.
Il est trop vrai 1
33a LA HÈRE COUPABLE.
AUIAYIVA.
Des papiers frappent nos regards : il en ignorait Tezistence; et quand j'ai voulu les lui lire, il a refusé de les voir.
Suzanne, s* écriant.
Il les a lus cent fois avec ma dame !
AUUVIVA.
Est-il vrai? les connaissait-il?
M"* Almaviva.
Ce fut lui qui me les remit, qui les apporta de l'armée , lorsqu'un infortuné mourut.
Almaviva.
Cet ami sûr, instruit de tout?...
Figaro,^ M"* Almaviva, Suzanne, ensemble criant.
C'est lui I
O scélératesse infernale I avec quel art il m'avait engagé! A présent je sais tout.
Figaro.
Vous le croyez !
Almaviva.
Je connais son affreux projet* Mais, pour en être plus certains, déchirons le voile en entier. Par qui savez-vous donc ce qui touche ma Florestine?
M»* AuuvivA, yfftf.
Lui seul m'en a fait confidence.
LÉON, vf/«.
Il me Ta dit sous le secret.
Suzanne, vite.
Il me Ta dit aussi.
Almaviva'.
O monstre! et moi , j'allais la lui donner, mettre ma fortune en ses mains !
Figaro, vivement.
Plus d'un tiers y serait déjà, si je n'avais porté, sans vous le dire, vos trois millions d'or en dépôt chez M. Fal. Vous alliez l'en rendre maître; heureusement que je m'en suis douté. Je vous ai donné son reçu...
Almaviva, vivement.
Qu'un scélérat vient de m'enlever, pour en aller toucher la somme.