SCENE III
ATAR, ARTHENÉE, TARARE enchatné; SOLDATS, ESCLAVES, Suite, PRÊTRES de la VIE et de la MORT.
Atar.
Approche, malheureux I viens subir le supplice Qu'un crime irrémissible arrache à ma justice.
Tarare.
Qu'elle soit juste ou non, je demande la mort
De tes plaisirs j'ai violé l'asyle Sans y trouver l'objet d'une audace inutile, Mon Astasie!... O ce fourbe Altamortl Il l'a ravie à mon séjour champêtre, Sans la présenter à son Maître !
Trahissant tout, honneur, devoir....
Il a payé sa double perfidie ; Mais ton Irza n'est point mon Astasie.
Atar, avec fureur.
Elle n'est pas en mon pouvoir?
{Aux Eunuques )
Que Ton m'amène Irza. Si ta bouche en impose. Je la poignarde devant toi.
Tarare.
La voir mourir 6st peu de chose ; Tu te puniras, non pas moi.
Atar.
• t)e sa mort la tienne suivie...
Tarare , fièrement»
Je ne puis mourir qu'une fois.
Quand je m>ngageai sous tes loix, Atar, je te donnai ma vie.
Elle est toute entière à mon Roi :
Au lieu de la perdre pour toi, C'est par toi qu'elle m'est ravie.
J'ai rempli mon sort, suis ton choix; Je ne puis mourir qu'une fois.
Mais souhaite qu'un jour ton peuple te pardonne.
Atar.
Une menace?
Tarare.
Il s'en étonne 1 Roi féroce! as-tu donc compté Parmi les droits de ta couronne Celui du crime et de Timpunité?
Ta fureur ne peut se contraindre.
Et tu veux n'être pas haïl Tremble d'ordonner...
Atar.
Qu'ai-je à craindre ?
Tarare
De te voir toujours obéi| Jusqu'à rînstant où, Tefifrayante somme De tes forfaits déchaînant leur courroux...
Tu pouvais tout contre un seul homme ;
Tu ne pourras rien contre tous.
Atar.
Qu'on l'entoure 1
( Les Esclaves rentourent.)
Tarare va s*asseoir sur le billot, au pied du bûcher^ la tête appuyée sur ses mains^ et ne regarde plus rien.