SCENE VI
Les PRécÉDENS, toute la Milice, le sabre à la main, CALPIGI à leur tête; URSON.
{Les Prêtres de la Mort se retirent.)
Chceur de Soldats /tirtetijr. Ilr renversent le bûcher.
Tarare, Tarare, Tarare ! ♦ Rendez-nous notre Général.
Son trépas, dit-on, se prépare :
Ahl s'il reçoit le coup fatal.
Nous en punirons ce barbare.
(Ils ï avancent vers Atar.)
Tarare, enchaîné, écarte les Esclaves,
Arrêtez ! Soldats, arrêtez I
Quel ordre ici vous a portés ?
O l'abominable victoire 1 On sauverait mes jours en flétrissant ma gloire I
Un tas de rebelles mutins
De l'État ferait les destins!
Est-ce à vous de juger vos Maîtres ?
N*ont-ils soudoyé que des traîtres?
Oubliez-vous, Soldats, usurpant le pou voit ,
i52 TARARE.
Que le respect des Rois esc le premier devoir? Armes bas, Furieux! votre Empereur vous casse.
{Ils se jettent tous à genoux.)
{Il s'y jette lui-même, et dit au Roi.)
Seigneur, ils sont soumis; je demande leur grâce.
Atar, hors de lui.
Quoi I toujours ce fantôme entre mon Peuple et moi 1
{Aux Soldats.) Défenseurs du Sérail, suis-je encor votre Roi?
Un Eunuque.
Oui!
Calpigi le menace du sabre.
Non!
Tous LES Soldats se lèvent.
Non!
Tout le Peuple. Non!
Calpigi, montrant Tarare.
C'est lui.
Tarare.
Jamais I
Les Soldats.
C'est toi I Tout le Peuple.
Cest toi !
Atar , avec désespoir, [A Tarare.) Monstre!... Ils te sont vendus... Ràgne donc à ma place !
(// se poignarde et tombe)
Tarare, avec douleur.
Ah! malheureux I
Atar 5e relevé dans les angoisses.
La mort est moins dure à mes yeux...
Que de régner par toi... sur ce Peuple odieux.
(// tombe mort dans les bras des Eunuques, qui l'emportent. Urson les suit.)