SCENE DERNIERE
Les PRicÉDENS, la NATURE et le GÉNIE DU FEU
sur les nuages.
Le Génie du Feu.
Nature! quel exemple imposant et funeste !
Le soldat monte au trône, et le tyran est mort 1
La Nature.
Les Dieux ont fait leur premier sort.
Leur caractère a fiiit le reste.
Le Génie du Feu.
Encor un généreux e£fort.
j58 tarare.
Dans le cœur des hamams, d'un trait inaltérable, Gravons ce précepte admirable.
(Des nuages transparens les couvrent à demi. Un fort tonnère se fait entendre. Quatre Génies, dans les airs, sonnent d'une trompette bruyante qui se mêle aux éclats de la foudre. Tarare et tout le Peuple tombent à genoux au fond du Théâtre.)
Ch(eur GéNÉRAL, trèS'éloigné,
De ce grand bruit, de cet éclat, O Ciel ! apprends-nous le mystère !
La Nature bt le Génie du Feu.
(^Dans les nuages, à Vunisson, et parlant fortement.)
Mortel, qui que tu sois, Prince, Brame ou Soldat, Homme ! ta grandeur sur la terre N'appartient point à ton état :
Elle est toute à ton caractère.
A mesure que la Nature et le Génie prononcent les vers cidessus , ils se peignent en caractères de feu dans les nuages.
Les trompettes sonnent, le tonnerre reprend; les nuages les couvrent; ils disparaissent. La toile tombe»
Dans un siècle et dans un pays où Ton regarderait comme un manque de respect pour TOpéra de le finir autrement que par une Fête, je proposerais cette Fin, quoique je préfère la première :
Après le Chœur :
Quel plaisir de nos cœurs s*empare ; Vive notre grand Roi Tarare, etc.
Urson viendrait dire r
Les fiers Européans marchent vers ces Etats, Inaugurons Tarare, et courons aux combats.
Les Soldats et le Peuple placeraient Tarare et Astasie sous le dais où Atar était assis pendant la prière publique. On danserait militairement devant eux. Puis Urson et Calpigi, entouré s du Peuple^ chanteraient ce Duo.
UllSON BT CaLPIGI.
Roi, nous mettons la liberté Aux pieds de ta vertu suprême.
Règne sur ce Peuple qui t'aime.
Par les loix et par Téquité.
Deux Femmes en Duo.
Et vous, Reine, épouse sensible, Qui connûtes Tadversité,
i6o ' TARARE.
Du devoir souvent inflexible Adouciftsex l'austérité.
Tenez son grand cœur accessible Aux soupirs de 4'humanité.
Chœur o^NéaAL.
• Roi, nous mettons la liberté Aux pieds de ta vertu suprême ; Règne sur ce Peuple qui t'aime.
Par les loix et par Téquité.
Danse générale^ et la MU tomberait.
Cette Fin est mise en Musique par M. Salieri ; mais je préfère la première, qui est bien plus philosophique et encadre mieux le sujet. Choisissez; ma tâche est finie.