‹ Théâtre complet de Beaumarchais, réimpr. des éd. princeps, avec les variantes des MSS. originauxChapitre 54 sur 167 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

Makcbb nationale. Soldats bn bon omikk.

Quatre Membres de rassemblée du Peuple : Vun, militaire; le second, du Collège des Brames; le troisième, un Citoyen; le quatrième , un Cultivateur portant un autel sur lequel est écrit: AUTEL DE LA PATRIE.

Quatre autres Membres, ainsi mêlés, portent un grand Lipre avec cette inscription sur la couverture : Livre de la Loi : une grande couronne d*or est posée sur ce livre.

Deux autres portent le manteau royal pourpre à étoile d'or,

Deux autres le sceptre et la main de justice.

Tout le reste marche ainsi conjbndu.

Tarare et Astasie montent sur le trône d*Atar, à droite,

URSON ET CALPIGI , au nom du Peuple.

Duo.

Roi, nous mettons la liberté Aux pieds de t« vertu suprême :

i66 COURONNEMENT DE TARARE.

Gouverne ce Peuple qui t'aime Par les loii et par l'équité.

Il dépose en tes mains, lui-même, Sa redoutable autorité.

On lui donne le sceptre et on lui met le manteau royal sur les épaules» Deux femmes s^avancent vers Astasie.

Duo.

Et vous, Reine, Epouse sensible Qui connûtes l'adversité, Du devoir souvent inflexible Adoucissez l'austérité.

Tenez son grand cœur accessible Aux soupirs de l'humanité.

Tous les ordres de V Etat se prennent sous le bras, et, s^avançant en cercle ainsi confondus, répètent en chœur avec enthou-siasme:

Roi, nous mettons la liberté

Aux pieds de ta vertu suprême, etc.

Des Danseurs de ces différens ordres composent une danse, mêlée oti chacun conserve le caractère de son état, en versant alternativement de Vencens sur le feu de VAutel de la Li^ berté.

Deux Bonnes suivis de quelques Vierges bramines s^avancent et disent :

Du culte de Brama Prêtres infortunés,

A ^vre sans bonheur sommes-nous condamnés i

Tarare, se levant.

De tant de retraites forcées Qjue les barrières soient brisées 1 Que l'Hymen, par ses doux liens, Leur donne à tous des jours prospères

Peuple heureux ! les vrais Citoyens, Ce sont les époux et les pères.

Toute rassemblée lève les mains en signe d'approbation.

Ici des danses mêlées, au choix et bon goût du Maître des ballets, se formeront suivant les caractères,

Spxnbttb et Calpigi s'avancent.

Spinittb, se courbant.

Seigneurs !

CALPioiy se courbant.

Seigneurs !

En GTuo.

Cette loi si douce et si sage, Qui fiait tant d'heureux parmi vous, Du divorce l'antique usage , Daignez l'étendre jusqu'à. nous.

Spinette, vivement»

Rompez des nœuds insuportables.

Calpigi. ^ Ah I plus imprudens que coupables.

En Duo.

L'amour nous avait égarés.

Nous brûlons d'être séparés

i68 COURONNEMENT DE TARARE.

Calpigi.

Nous devons être séparés.

Tarare se levant.

Vous le voulez tous deux ? Eh bien, vous le serez.

Danse pittoresque peignant le sentiment tPun divorce, ou de gens qui se fuient et prennent d^ autres enga-^ gemens. ,

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