‹ Théâtre complet de Beaumarchais, réimpr. des éd. princeps, avec les variantes des MSS. originauxChapitre 88 sur 167 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

BÉGEARSS* ALMAViVA.

Bigearss, en entrant^ s'arrête, le regarde et se mord

le doigt avec mystère.

Almaviva.

Ah! mon cher ami, venez donc!... vous me voyez dans un accablement...

BÉGEARSS

Très-effrayant, Monsieur ; je n*osais avancer.

Almaviva.

Je viens de lire cet écrit. Non, «e n'était point là des ingrats ni des monstres, mais de malheureux insensés, comme ils se le disent eux-mêmes.

BéCEARSS.

Je Tai présumé comme vous

Almaviva se lève et se fromèm»

Les misérables femmes, en se laissant séduire, ne savent guères les maux qu'elles apprêtent. Elles vont, elles vont... les afironu s*aoaimiiknt... et le monde» injuste et léger, accuse un père qui se tait, qui dévore en secret ses peines!..,. on le taxe de dureté pour les sentimens qu'il refuse au fruit

d'un coupable adultère ..Nos désordres, à nous, ne leur enlèvent presque rien, ne peuvent du moins leur ravir la certitude d'être mères, ce bien inestimable de la maternité! tandis que leur moindre caprice, un goût, Tétourderie la plus légère , détruit dans Thomme le bonheur, le bonheur de toute sa vie, la sécurité d'être père. — Ah! ce n'est point légèrement qu'on a donné tant d'importance à la fidélité des femmes ! Le bien , le mal de la société sont attachés à leur conduite; le paradis ou l'enfer des &milles dépend à tout jamais de l'opinion qu'elles ont donnée d'elles.

Béof^ARSs.

Calmez-vous, voici votre fille.

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