‹ Théatre complet de BrieuxChapitre 107 sur 226 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

un pestiféré. Eh bien, ceux qui me jugent auraient agi comme moi s'ils avaient été à ma place. Celle que j'ai frappée.,. Comment vous dire cela?... Sachez, sachez que pour me trahir, elle avait choisi l'être qu'après elle j'aimais le plus au monde, l'ami de mon enfance, de ma jeunesse, de toute ma vie. Quinze jours après le drame, on a trouvé mon ami pendu dans sa cliambre. Avant de mourir il avait adressé à mon père une lettre pour moi, dans laquelle il me demandait pardon, après m'avoir tout révélé. Cette lettre, je l'ai brûlée, pour ne jamais céder à la tentation de m'en servir. Cependant, j'ai élevé Simone dans le culte de cette femme. Je la' lui ai montrée comme la plus douce, la plus tendre, là plus affectueuse des mères. Et j'ai menti, menti, mentijj non sans courage et sans effort, je puis le dire. Cette mère n'aimait personne, ni son complice, ni moi, ni notre enfant dont elle m'a reproché toute sa vie la naissance. J'étais si aveuglé d'amour que cela ne m'a pas ouvert les yeux. J'avais mis en elle toutes mes espérances, tout mon bonheur, toute ma vie. Ma foi en elle était plus grande que celle d'un martyr pour son Dieu. Et une heure après les avoir quittés, elle avec des baisers, lui avec des étreintes, je les ai trouvés dans les bras l'un de l'autre. Et elle m'a bravé !... [Un silence.) Je sais bien : j'étais la victime, je ne pouvais pas être le justicier... Un meurtre reste un meurtre et nous allons vers un temps qui n'en absoudra aucun.

Après un moment, , Michel, silencieusement, lui serre la main.

3ERGEAC.

Merci... Je vais appeler Simone... Laissez-lui un peu d'espoir.

Il va à la porte de droite et appelle Simone qui entre.

180 SIMONE

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