ACTE PREMIER
lîENn r.
Mère...
Il lui tanche le bras.
MADAME CHAMBERT
Ne fais pas cela! Jo t'en prie!... ,AIon enfant! Ne te bats pas!...
HENRI
Je vous le promets...
MADAME r.HAMRERT.
Tu me \o jures?...
HENRI
Mais oui... On dit cela, vous comprenez... Un duel ! f'n duel!... Et après?... Qu'est-ce que ça prouverait? MADAME ciiAMBKRT, encorc implorante.
N'est-ce pas?... Et pour Suzette, songe donc!...
HENRI
Vous avez raison... Je n'avais pas pensé à Suzette...
MADAME C H A M R E R T
Tu vois?... Pas de duel, n'est-ce pas?...
Mais non... Puisque vous le voulez, je ne me vengerai pas...
MADAME f; H A M R E R T .
A la bonne heure !
Et Régine, qu'est-elle devenue?
HENRI
Elle s'est sauvée. Je menaçais de la tuer... Elle hurlait de peur... Elle a couru dans sa chambre, puis dans la rue... Où est-elle? Chez son amant? Chez son père? Je ne sais... Dès qu'elle a été partie, j'ai pensé à ce train omnibus qui pouvait me mettre ici une heure plus tôt que l'autre J'ai couru au pensionnat de Suzette, je l'ai prise, emmenée,
23/i SUZETTE
enlevée, pour mieux dire... et voilà... voilà. . (Soupir.)
Voilà toute l'histoire...
Il tire vil porte-cigareltes, prend une cigarette, cherche des allumettes dans toutes ses poches. Cela au milieu du plus grand silence. Madame Chambert, consternée, les yeux fixes. M. Chambert va à sa chambre noire, revient avec une boite d'allumettes qu'il tend à son fds.
C n A M lî E R T .
Tiens... Tu veux du feu?
HENRI
Merci. {Il allume sa cigarette, puis tendant son étui.) Oh! pardon, j'ai oublié de vous en offrir.
r II AMBKRT.
Merci.
li !■: \ ru .
Vous continuez à ne plus fumer?
CHAMBERT
Oui. Je m'en trouve bien.
HENRI
Vous avez raison... (Un temps.) Voilà... {Il regarde son père et sa mère.) Vous ne vous attendiez pas à cela, hein? Moi non plus... Et pourtant...
MADAME CHAMBERT
Moi, cela ne m'étonne pas.
Oui, mère... vous, vous avez vu clair, dès le commencement. Quel cynisme!... Chez moi!... Kn plein jour!
Mon ]tauvre enfant.
HENRI
Voilà... maintenant, voilà... je suis cocu comme tous mes amis, . .