ACTE PREMIER
i:tiambert.
Il croit ce qu'il a vn.
Jg ne suis pas coupable.
C II A M B E R T
A lui, vous avez déclare l'être.
RÉGINE
Par folie. Pour me venger de ses brutalités.
Il y a des témoinp.
Des domestiques.
r II A M B E R T .
Ce sont les témoins ordinaires de ces sortes de procès.
RÉGINE
Je vous jure que je ne suis pas coupable.
C'est au juge qu'il faudra le jurer... et le prouver.
Vous, vou^î ne me croyez pas !
Même, en admettant pour véridique votre affirmation, le fait d'avoir crié à plusieurs reprises, devant deux témoins : « J'ai un amant ! », le fait d'avoir déclaré cela à votre mari qui venait de vous surprendre dans une attitude au moins équivoque, et d'avoir ajouté des invectives grossières, cela constitue une injure grave. Elle m'eût suffi, au temps où j'avais l'honneur d'être magistrat, pour accorder à l'époux demandeur, et de piano, la séparation.
RÉGINE, comme à elle-même.
Oui, je le vois, je n'ai rien à faire ici. Je sais que mon
mari est forcé de rentrer à Paris après-demain poui donner des signatures au ministère. Si je ne puis le voir plus tôt...
CHAMBERT
Vous ne pourrez pas le voir plus tôt.
RÉGINE
C'est vous qui le dites.
CHAMBERT
Comment ferez-vous ?
RÉGINE
Je n'ai pas à vous en rendre compte.
CHAMBERT, apvès Uïi silencc.
Voulez-vous, m'écouter quelques instants, à votre tour ?
Volontiers !
CHAMBERT
Voulez-vous me permettre de vous indiquer le moyen de vous épargner, dans l'avenir, un gros chagrin ?
RÉGINE
Lequel ?
CHAMBERT
Vous devez désirer que votre fille n'apprenne jamais de quelle faute votre mari vous aura accusée pour obtenir la séparation ?
RÉGINE
Mon mari n'obtiendra pas la séparation parce qu'il ne la demandera pas.
CHAMBERT
11 est dans dos dispositions d'esprit contraires.
RÉGINE
Il en changera.
CHAMBERT
J'en doute.
RÉGINE
Moi, pas.