ACTE PREMIER
GHAMBERT.
Vous gagneriez à rn'écouter... Votre mari demandera la séparation... Je vous propose, en son nom, le moyen de sauvegarder la partie la plus précieuse de l'avenir. Je n'y suis pas autorisé par lui, mais je m'engage à lui faire accepter cette façon d'agir si vous l'acceptez vous-même.
RÉGINE
Cela ne m'intéresse pas.
Ecoutez-moi cependant: cela vous intéressera plus tard. Promettez-moi de ne pas intenter une action reconventionnelle, de ne pas provoquer de scandale, et Henri ne produira que des griefs secondaires, suffisants pour constituer cependant l'injure grave, en laissant de côté, au moins dans les débats publics, la scène d'hier.
1! É G I N E , après réflexion .
Bien entendu, je garde ma fille.
GHAMBERT.
Le tribunal décidera.
RÉGINE
Ah! très bien... Vous me demandez simplement de renoncer à mon mari et à mon enfant... un rien I... Non, monsieur, non. Je n'accepte pas. J'ai été une sotte. J'. i commis, non pas ce qu'il est convenu d'appeler une faute, mais une inconséquence, une sottise. Tous ici : ma bellemère, ma belle-sœur et vous, voudriez, je le devine, en profiter pour éloigner à jamais celle qui a toujours été détestée. Vous n'y réussirez pas. Je vous dis que vous n'y réussirez pas ! Et je vous jure que ce mari et cette enfant, que vous essayez de me prendre, je les garderai.
GHAMBERT.
Nul ne saurait vous empêcher de le tenter.
RÉGINE
Je vous présente mes respects.
CUAMBERT.
Adieu, madame.
REGINE, <;i défi.
Au revoir, mon cher beau-père.