ACTE DEUXIEME
LE MONSIEUR
Monsieur...
Regard vers la porte.
Père, je t'en prie!... {Aii monsieur.) Asseyez-vous donc. [Elle le fait asseoir sur le petit canapé.' Je vous écoutp... 'Silence.) Je vous écoute...
LE MONSIEUR
Maflcmojsollo...
]l jc le- .
SOLANGE, le faisant rasseoir.
Mais non! mais non! Depuis le boulevard, vous m'aveî:
répété vingt fois : « J'ai tant de choses à vous dire... Où
puis-je vous revoir?... » Eh bien parlez, je vous écoute.
Déliant l'air ahuri du monsieur. Myriam, éclate de lire.
Solange est gagnée par le nre de sa srpur.
LE MONSIEUR
Mademoiselle...
SOLANGE, dans son rire.
Il n'y a vraiment pas moyen de rester longtemps fâchée en vous regardant! Sur ce point-là, du moins, vous êtes irrésistible!
LE MONSIEUR
Modemoisclle, je vous demande pardon.
Mouvement de sortie.
SOLANGE, le retenant.
Ah! non! non! non!... vous m'embêtez depuis la rue Richelieu... vous m'avez forcée à monter la rue Lepic au pas de charge, par cette chaleur : vous n'en serez pas quitte à si bon compte, mon cher monsieur.
LE MONSIEUR, sons grand espoir.
t^esl parce que je suis un pou pressé...
2o\ SUZETTE
SOLANGE
Ta, ta, ta!... Écoutez, cela m'arrive quelquefois d'être accostée dans la rue et suivie par un inonsicur que je ne connais pas. Un échantillon de l'espèce à laquelle vous appartenez. Eh bien ! il y -a une chose que je ne puis comprendre et que vous allez m'expliquer... Je veux profiler de roccasion pour m'instruirc.
LE MONSIEUR
C'est que ce serait peut-être un peu long. Je ne voudrais pas abuser...
SOLANGE
Je vous rendrai votre liberté après... Voilà : dites-moi simplement ceci : vous et vos semblables, qu'est-ce que vous pouvez bien espérer? Qu'est-ce que vous attendez?... Quel est votre but?... [Le monsieur épluchait la paille de son chapeati. Solange le lui prend.)' Laissez votre chapeau... [Elle pose le chapeau sur la table de M. Guadagne.) Du moment que la personne interpellée par vous ne vous répond pas tout de suite ? oui », vous devriez conclure que vous vous êtes trompé, et que vous avez affaire ù une honnête femme. Alors, pourquoi continuez-vous? Est-ce que vous seriez assez fat et assez sot pour croire que vous allez fasciner votre victime par votre joli physique, la frapper du coup de foudre par votre élégance et votre beauté?... Tenez, il y a une glace, là, devant vous... Regardez-vous donc? Vous vous croyez fait de manière à emporter par un seul ringard toutes les pudeurs ettoutes les résistances?... Mais regardez-vous donc, je vous en prie... Complaisamment, Myriam inclmc la psyché. Mnrhinalemeni, le monsieur se mire.
LE MONSIEUR, après un silence et en regardant Solange. Je ne me sens pas bien... Si vous vouliez me permettre...
Pas encore. Pourquoi n'attendez-vous pas le soir cuvant