ACTE DEUXIKME
de vous livrer à votre petit manège? Vous trouveriez à chaque coin de rue des malheureuses qui vous écouteraient et vous fourniraient la seule conversation et les seules amours que vous méritiez!... {Il monte à Solange raie bouffée de colère.) C'est tout de même malheureux, à la fin, que, si l'on n'est pas vieille ou difforme, on ne puisse sortir de chez soi sans être exposée aux insolences et à la persécution des goujats et des pleutres de votre genre. Je n'ai pas de femme de chambre pour m'accompagner, et je ne suis pas assez riche pour n'aller qu'en voiture. Si je sors, c'est que j'ai besoin de gagner mon pain. Vous devriez le comprendre et ne pas ajouter par vos grossièretés à ce que la vie peut avoir d'àpre ou dt-. douloureux pour nous. C'est afin de vous dire cela ;ue je vous ai laissé monter, mon cher monsieur. Mainnant, fichez-moi le camp! \Se ravisant.) Attendez! Qui tes-vous?... Je vous demande votre nom. Voici mon ère, M. Guadagne, ancien marin. Mademoiselle est ma :jur. Moi, je suis Solange Guadagne, élève sage-femme à la Maternité... [Sur nu sourire du monsieur.) Ah! ça" vous fait rire, pauvre imbécile! Si vous pouviez voir ce que je vois dans une journée, vous ne ririez pa5... Et — j'y Ijense — ce sont vos victimes que je soigne, et vos infants que j'aide à naître! Vous étiez mal tombé, vraiiient. Quand on connaît l'amour de ce côté-là, on esta .abri dis séducteurs. Alors, décidément, vous ne voulez [•as vous nommer? Votre muflerie est anonyme? Après tout, c'est logique... Allez! Bonsoir!...
Le monsieur se précipite vers la porte. MONsiiiLK GUADAGNE, cérémoiiieiix.
Monsieur, permettez-moi de vous reconduire, l'ar ici... Par ici la sortie...
l, R MONSIEUR.
Ne vous donutz pas cytte peine, je vous en prie, monbieujT...
V56 SUZETTË