ACTE DEUXIEME
UENRi, douloureux.
Qu'esl-ce que nous en avons fait, mon Dieu !
REGINE.
Tu veux ine quitter, toi ? Non. Non, Henri. Qu'est-ce que lu deviendrais tout seul ? Je te connais : tu serais tout désemparé. Un homme divorcé, c'est hybride, déclassé, isolé, errant. Tu retourneras avec notre bande ! Quel accueil t'y fera-t-on ? Et il n'y a pas que cela, il y a autre chose. Tu as tes manies. Les petits soins dont tout de même je savais t'entourer, tu en as l'habitude : ils te manqueraient plus que tu ne peux le sentira présent. Sur bien des détails de la vie de tous les jours, tu t'en rapportais à moi. Tu croiras me remplacer par une autre femme. Elle ne me remplacera pas, parce que, quelle que soit sa bonne volonté, elle ne t'aimera pas depuis assez longtemps.
UENRI, s' attendrissant.
Oui, je serai très malheureux. Si l'on m'avait dit ça» le jour où je t'ai épousée!... J'étais si fier de toi. J'ai toujours été fier de toi... Nous nous sommes bien aimés, Régine. Nous ne sommes pas méchants, ni l'un ni l'autre. Seulement, moi, n'est-ce pas, je n'ai jamais eu de volonté. Je serai très malheureux... Parce que je penserai toujours à toi... Oui, toujours, toujours. Tant que je vivrai.
RÉGINE
Mais il ne tient qu'à toi de ne pas me quitter !
HENRI
Non. Maintenant, c'est fini... {Reyard à sa montre.) Il faut que je m'en aille.
RÉGINE
Tu veux t'en aller ?
Il le faut.
Pourquoi ?
HENRI
288 SUZETÏE
HENRI
Mes parents doivent venir me chercher... L'heure est déjà passée.
REGINE.
Ils doivent venir
te chercher ici ?
HENRI
Dans une voiture
. Au
coin de la rue
RÉGINE
Pourquoi faire ?
HENRI
Des courses.
RÉGINE
Lesquelles?
HENRI
Autant te le dire. Nous devons aller ensemble chez l'avoué.
RÉGINE
Nous en sommes là ?
HENRI
Qu'est-ce que tu veux !
RÉGINE
Tu fais cola !
HENRI
J'y suis forcé... Écoute... Mes parents ne me pardonneraient jamais de retourner avec toi. Cette entrevue que tu ra'asdemandée, ilsnevoulaientpasquej'y consente. On m'a fait promettre de ne pas céder. Maman m'a dit que, si je cédais, elle ne me reverrait plus... C'est maman... Tu ne peux pas savoir. Je l'aime beaucoup. Elle a été si bonne... je ne veux pas me fâcher avec elle.
RÉGINE
Et si je réussis à me faire pardonner par elle?
H ENRI.
Tu ne la connais pas.