ACTE DEUXIEME
HENRI
Je ne comprends pas.
RÉGINE
Tu vas comprendre. Tu m'as surprise embrassée par un monsieur : à cause de cela, je suis indigne de garder mon enfant. Toi, je t'ai pincé avec Marguerite Chermier sur les genoux. Ça ne te rend pas indigne, toi?
HENRI
Ce n'est plus la même chose.
RÉGINE
Vraiment ?
Et puis, on ne l'a pas su.
RÉGINE
Et ton intrigue avec Henriette?... Personne ne l'ail ignorée. Elle a été ta maîtresse pendant six mois. Ce n'estai pas la même chose non plus, hein ? FJt ça ne te rend pas ■ indigne ? Je ne voulais pas te reprocher cette aventure. Je voulais te laisser le beau rôle dans le pardon et la réconciliation. Mais, si l'on me force à me défendre, je me défendrai, je t'en réponds. Cette liaison-là, on l'a connue. Il y a des témoins. Eh bien, si tu demandes la séparation, je la demanderai de mon côté, et toute la boue de ta vie, je te la jetterai à la face et à celle de tes parents.
HENRI
Tu ferais cela !
Un peu.
HENRI
Tu nommerais Henriette ?
RÉGINE
Et les autres.
HENRI-
Alors, Suzette?
RÉGINE
Eh bien ?
HENRI
Si un jour elle sait...
RÉGINE
Elle saura par toi que sa mère est une pas grand'chose et par moi que son père est un rien du tout, comme dans la chanson. Et l'affaire des poinçons, on en parlera aussi. HENRI, bondissant.
Ah 1 ça... Si jamais...
RÉGINE
Tu verras...
HENRI
11 n'y a aucun rapport...
Mon avocat la racontera pour montrer ta moralité.
HENRI
Oh!
RÉGINE
Maintenant, tu es prévenu. Si tu veux la guerre, tu sais ce qu'elle sera. Va, mon ami.
Un long silence.
HENRI, d'un autre ton.
Et, dans le cas où mes parents accepteraient la réconciliation, tu t'engagerais, toi, à cesser toute fréquentation, non seulement avec Livrain, mais avec tous les autres?
RÉGINE
Je m'y engagerais.
HENRI
Ecoute... Je vais faire un effort pour les décider... Seulement, j'ai peur.
RÉGINE
Hàte-toi. Dis-leur que j'irai les voir ce soir à six heures. Où sont-ils descendus?