SCENE VIII
RÉGINE, puis MONSIEUR GUADAGNE, puis SOLANGE. Après un moment entre M. Guadagne.
MONSIEUR GUADAGNE.
Eh bien ?... Je guettais son départ... Ça ne marche pas. hein ? Je vous ai entendus parler très haut.
RÉGINE
Père, j'ai bien peur de ne pas réussir.
MONSIEUR GUADAGNE.
Mais si, tu réussiras. Vous paraissiez plus calmes tous les deux, à la fin...
RÉGINE
S'il n'y avait que lui !... Il est convenu que je verrai ses parents ce soir.
MONSIEUR GUADAGNE,
Eh bien ! Tout va s'arranger I
29i SUZETTE
RÉGINE
Hélas !
MONSIEUR GUADAGNE.
Veux-tu que j'aille avec toi?
RÉGINE, évasivement.
Ohl
MONSIEUR GUADAGNE.
Mais oui. J'entreprendrai ce vieux renard de père Chambert. Nous nous entendons bien.
RÉGINE
Père, j'ai maintenant la sensation très nette que nous n'échapperons pas à un procès en séparation.
MONSIEUR GUADAGNE.
Oh!
RÉGINE
M. et madame Chambert le souhaitent et leur fils n'est pas homme à leur résister... Et ils vont vouloir me prendre ma fille... Ecoute... il ne faut pas qu'elle reste ici.
MONSIEUR GUADAGNE.
Pourquoi ?
RÉGINE
Ils ne seraient pas longtemps avant de la trouver. Non. Sais-tu ce que tu devrais faire?...
Tout ce que tu voudras.
RÉGINE
Tu devrais, tantôt, aller dénicher du côté de Passy ou d'Auteuil une pension de famille, bien discrète, où je pourrais me retirer avec elle.
MONSIEUR GUADAGNE.
Excellente idée. Si tu as Suzette, tu pourras dicter tes conditions. Et tu ne leur feras savoir où elle est que s'ils mettent les pouces. Suzette sera un otage.