JI A D A M E C II A .M B E R T
Je suis tranquille : vous ne serez pas malheureuse.
RÉGINE
C'est effroyable ! La responsabilité que vous prenez est effroyable. Si vous pouviez l'entrevoir, vous n'oseriez pas en charger votre conscience... (fJ?i silence.) Suzette.... Alors, Suzette pourra savoir un jour que j'ai été chassée par son père?... Non, non, vous ne pouvez pas vouloir cela de sang-froid... Vous êtes bonne, vous avez des enfants, vous devez bien me comprendre. Toutes les fautes d'une femme ne valent pas qu'on inflige cette douleur possible à une enfant et à une mère... Écoutez... elle... elle est innocente, etvous la frappez aussi. Madame, ie souffre beaucoup. Je vous prie d'avoir pitié de moi. Ne me laissez pas dans cette angoisse de penser qu'un jour ma fille pourrait avoir le droit do me mépriser. Oh! non! non ! non ! {Elle pleure, la tête sur la table. Elle se laisse glisser à genoux, tout en sanglotant.) A genoux ♦ Je vous demande un peu de pitié et d'indulgence... Mais puisque
je vous jure que je vais devenir meilleure et digne de vous...
MADAME CHAMBERT, ferme, mais sans dureté. Relevez-vous, allons, relevez-vous.
RÉGINE
Puisque je vous jure tout cela, pardonnez-moi !
Qu'est-ce que vous voulez! Je ne vous crois pas. RÉGINE, se relevant.
Alors... il n'y a rien à faire... si vous ne me croyez pas... En effet... il n'y a rien à dire... rien à dire... rien du tout...
CHAMBERT
Régine, je vous demande la permission de vous adresser deux prières. Il est de notre intérêt à tous, vous comprise, que vous les exauciez.
RÉGINE
Parlez, monsieur, parlez.
CUAMBERT.
La première a trait à la proposition que je vous ai faite dimanche.. .
RÉGINE
Je refuse.
Vous n'avez pas réfléchi.
RÉGINE
Si.
CHAMBERT
Alors, vous n'avez pris conseil de personne sur ce point. Est-ce vrai?
RÉGINE
C'est vrai.
Vous avez eu tort.