‹ Théatre complet de BrieuxChapitre 197 sur 226 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

HENRI, embarrassé.

N'est-ce pas?... Tel fait, débarrassé des circonstances qui l'ont entouré, perd sa véritable physionomie. Un acte indifférent en soi peut paraître condamnable lorsqu'on l'examine longtemps après qu'il a été accompli. Tel « artifice ». comme disait ma sœur, qui paraîtra tout simple à des commerçants, semblera blâmable à des magistrats.

CHAMBERT

C'est même pour cela qu'il y a des commerçants en prison.

Nous avons aussi notre déformation professionnelle. CHAMBERT, se levûTit, çrave.

Dis-moi vite ce que tu as fait, car toutes ces précautions me donnent la chair de poule. Qu'est-ce que tu as fait?... Allons !... Sans phrases!...

HENRI

J'ai apposé moi-même le poinçon de l'Etat sur certaines marchandises...

CHAMBERT

... que le représentant de l'Etat n'eût pas poinçonnées?

HENRI

11 ne les eût peut-être pas poinçonnées toutes.

CHAMBERT

Après ?

HENRI

Voilà.. Je m'y attendais... Vous prenez cela au tragique... [Montrant le poing.) Ah! sacrée Régine, va ! sacrée Régine!

CHAMBERT

Qu'est-ce que Régine peut avoir à faire là-dedans?

HENRI

Vous ne le devinez pas?

CHAMBERT

J'ai peur de le deviner.

Elle va réveiller cette vieille histoire.

MADAME en A-unEnij violente.

Mais, elle n'a pas le droit, à propos d'une séparation de corps...

MONIQUE

Elle n'en a pas le droit, c'est ce que je disais à Henri.

MADAME CHAMBERT

Ça devrait être défendu, ces monstruosités-là.

CHAMBERT

On ne peut pas lui défendre de faire le procès de la moralité de son mari, puisque nous lui faisons le procès de la sienne.

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