ACTE TROISIEME
HENRI
Non! ce n'est pas de cette façon-là que je veux que vous y consentiez... Allons 1 soyons aussi généreux qu'elle l'est.
MADAME C U A M B E R T
C'est bien, c'est bien... Va-t'en avec elle... Laisse-nous mourir tout seuls.
HENRI
Maman, écoute ta bonté. Demande-toi si, en luttant comme tu l'as fait pour conserver Suzette, tu as été toujours complètement juste, si tu n'as pas été obscurément guidée par le désir de conserver auprès de toi la fillette qui éclairait cette maison de sa jeunesse et de sa gaieté.
MADAME CHAMBERT
Alors, je suis une méchante femme?
HENRI
Non, maman! Non! Mais elle non plus!... Enfin! ne l'oublions pas, elle aurait pu avoir quelque excuse à chercher une vengeance. Elle tenait entre ses mains une arme, vous savez laquelle. Elle a d'elle-même renoncé à s'en servir. Elle m'a épargné. Père, ne lui sais-tu aucun gré de cette générosité?
c 11 A JI D E R T .
Ah ! mon enfant. Je n'ai qu'un désir, moi, c'est que tu parviennes à faire accepter par ta mère votre réconciliation.
MADAME c H A M B E R T , à son mari.
Tu te ranges de leur côté !
CHAMBERT, à sa femme, grave.
Mon amie, mon amie... les lettres que tu as dictées à Suzette !... Je ne veux pas, devant ton fils, te dire à quel point je les regrette. Tu savais que tu faisais mal, puisque tu ne m'en as jamais parlé!... Oh! ces lettres!... C'est
3bO SUZETTE
comme si tu avais mis un poignard dans la main de l'enfant pour en frapper la mère.
Je t'en supplie, père, tais-toi ! Ce que je veux, c'est l'oubli de tout le passé et non pas la récapitulation de toutes nos erreurs.
J'ai été une mauvaise chrétienne... Qu'elle reste, mon enfant! qu'elle reste!
HENRI
Oh ! maman !
Il t'embrasse et court vers Régine. Monique va chercher
Suzette qui se jette dans les bras de sa mère. ciiAMBERT,à sa femme, en lui montrant Henri, Réçiine et Suzette.
Mais, vois-tu : le père, la mère et leur petit enfant, c'est une trinité sacrée. II faut tout accepter plutôt que de la désunir... Venez, mes enfants, que nous nous embrassions tous.
BARDOT, gai.
Alors, je crois qu'on n'a plus besoin de moi, ici !
UENRi, lui serrant la main.
Non, monsieur Bardot.