ACTE DEUXIEME
par dépit et par une fausse conception de votre devoir de mère, que vous avez agi comme vous l'avez fait.
LAURENCE, SOUS éclat, se débattant contre elle-même. Je ne vous aime pbus, Raymond, je ne vous aime plus!
RAYMOND, avec une grande mélancolie.
Si vous ne m'aimez plus pourquoi donc, tantôt, nous sommes-nous jetés dans les bras l'un de l'autre en apprenant que notre enfant était sauvé, — notre enfant, tu entends? ?ioire enfant, fait de ta chair et do la mienne, ne de notre amour, né des baisers que je t'ai donnés et que tu m'as rendus! Si vous ne m'aimez plus, pourquoi n'avezvous pas eu une larme, pas un regret à l'idée de vous séparer de l'étranger, qui ne veut de vous que la femme et à qui il est impossible d'aimer en vous, comme je le fais, la femme et la mère ?... Enfin, si vous ne m'aimez plus, pourquoi donc, étes-vous là, Laurence, troublée, affolée, palpitante, à m'écouter vous parler de notre amour? Vous n'avezjamais cessé de m'aimer ! LAURENCE, d'wie voix blanche.
Mon Dieu ! C'est peut-être vrai !.. Mais en découvrant cela... nous n'avons fait que nous rendre plus malheureux encore 1
Elle se laisse tomber sur une chaise.
RAYMOND
Hélas !... Oui, en découvrant cela, nous n'avons fait que nous fèlidre encore plus malheureux !
Ils restent un moment silencieux, chacun regardant devant soi, brisé, désemparé, dans un abattement profond..
RIDEAU