ACTE PREMIER
LE DOCTEUK.
En manquant à votre promesse, vous me déliez de la mienne,
SERGEAC.
Enfin! Suis-je rétabli, oui ou non?
LE DOCTEUR
Votre blessure est fermée, votre fièvre est calmée. Mais vous admettrez bien avec moi que votre cerveau n'est pas dans son état normal puisque vous êtes atteint d'amnésie partielle. J'entreprends sa gu'erison. Ce n'est pas à vous, le malade, à vous diriger. Vous avez eu confiance en moi...
s KRGEAC.
Je puis maintenant me passer de votre tutelle. Je vous dis que je suis incapable d'attendre plus longtemps. Ce récit de ma propre existence que vous vous entêtez à me taire, c'est raa vie. Vous me volez ma vie, à moi, ma vie! en me faisant attendre encore. Il m'a fallu un effort surhumain pour mecontenir jusqu'au moment fixé par vous. Parlez. {Silence.) Mais parlez!... Mon père!... Monsieur de Lorsy! {Au docteur.) Vous leur avez fait la leçon!... {Avec éclat.)... Enfin, je ne suis pas interdit, je ne suis pas aliéné, je ne suis pas déchu de ma liberté personnelle d'agir; je suis chez moi, vous m'entendez, docteur, je suis chez moi, et je ne veux plus subir votre contrainte. Je regrette d'être obligé de vous parler sur ce ton, mais c'est vous qui m'y forcez... vous ne voulez rien me dire? C'est bien. Je me passerai de vous.
Il va vers la cheminée.
LE DOCTEUR, l'arrêtant.
Qu'allez-vous faire ?
SERGEAC.
Je veux appeler pour qu'on me donne immédiatement les lettres de ma femme.
104 SIMONE
LE IJOCTEUR.
Permettez-moi un mot.
Non. Je veux ces lettres! On a pu avoir raison de les retenir pendant que je délirais. Je suis guéri. Je veux mes lettres V
LE DOCTEUR
Je ne permettrai pas qu'on vous les donne.
SERGEAG.
Vous êtes donc le maître, ici?
LE DOCTEUR
Oui. Dans votre intérêt.
SERGEAG.
Je vous dégage de toute responsabilité.
MONSIEUR DE SE RGE AC' PÈ RE
Mon enfant, le docteur t'a sauvé la vie...
SERGEAC.
Mes lettres!
Il agit pour ton bien.
SERGEAG.
Mes lettres!
MONSIEUR DE SERGEAG PERE
Je suis ton père. Je l'approuve : cela doit te faire réfléchir.
SERGEAG.
Mes lettres ! Je les veux! Je vous disl Rien que celles de ma femme.
Il se dégage et parvient à sonner.
LE IjOCTEUR.
On ne vous les donnera pas. Parce qu'il n'y en a pas.