‹ Théatre complet de BrieuxChapitre 88 sur 226 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

LURSY.

Elle a dit ce que nous lui avions recommandé de dire. Rien de plus.

SERGE AC

Que savez-vous encore?

C'est tout.

MONSIEUR DE SERGEAC PHIRE.

Qui paraissait être cet homme?

LORSY.

C'était un monsieur, m'a dit Ilermance.

MONSIEUR DE SERGEAC PÈRE

Étranger au pays ?

LORSY.

Étranger.

MONSIEUR DE SERGEAC PERE

Et il a disparu?

LORSY.

Hermance ne l'a plus revu.

SERGEAC, accablé.

Je voudrais mourir.

MONSIEUR DE SERGEAC PERE

Allons, remets-toi mon enfant.

SERGEAC

S'il faut expier encore, pourquoi des innocents sont-ils exposés à souffrir ?

Il n'est pas certain que quelqu'un devra souffrir encore. Nous sommes prévenus. Nous veillerons sur la paix et le bonheur de Simone.

SERGEAC

Comme vous devez me maudire tous les deuxl

148 SIMONE

LORSY.

Écoutez-moi, monsieur de Sergeac, j'ai quelque chose à vous dire depuis longtemps. C'est par une sorte de lâcheté que je me suis tu jusqu'ici. Puisque nous voici rassemblés tous les trois pour la défense de Simone, je vais libérer ma conscience... Oh ! ce n'est rien, si vous voulez, mais vraiment, c'est un devoir pour moi de vous faire cet aveu. Il faut que vous sachiez, enfin, combien j'ai été touché à chacun des séjours de ma petite-fille chez moi, combien profondément ému, de voir avec quelle délicate insistance vous avez entretenu en elle le culte de sa mère.

SERGEAC.

Je n'ai fait que mon devoir, mon Dieu I

LORSY.

Sans doute. Mais vous l'avez fait avec piété. Vous avez créé dans le cœur de votre fille une image charmante de celle qui n'est plus. Vous l'avez parée des plus belles qualités, des plus douces vertus. Vous en avez fait une mère tendre et attentivement dévouée, une femme adorable. Epargnez-moi la douleur de vous dire pourquoi j'en ai été extrêmement troublé... Depuis la mort de ma pauvre Gabrielle, j'ai appris sur elle bien des tristesses.

SERGEAC.

Je vous en supplie ! Je vous en supplie I

N'en parlons plus, vous avez raison... Tout de même, c'est bien à vous de ne pas vous être contenté du silence et d'avoir fait chérir sa mémoire... Oh! les beaux mensonges que vous avez su trouver et que Simone m'a répétés sans comprendre pourquoi ils me faisaient tant pleurer!... C'est bien. C'est d'un brave homme... Voilà ce que j'ai besoin de vous déclarer depuis si longtemps et que je suis soulagé de vous avoir dit.

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