‹ Théatre complet de BrieuxChapitre 91 sur 226 · ACTE DEUXIEME loi · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME loi

femme. Ohl ne faites pas d'objections. D'ailleurs nous n'avons qu'à laisser les jeunes gens causer ensemble, ils seront bien vite de mon avis. Quand votre fils devait-il venir faire ses adieux ?

MIGNIER.

11 comptait écrire à mademoiselle de Sergeac.

SERGEAC.

Par exemple ! Vous avez accepté cela?

MIGNIER.

Je l'ai conseillé.

SERGEAC.

Pourquoi?

MIGNIER.

J'ai pensé qu'il serait préférable d'épargner à l'un et à l'autre l'émotion de cette scène.

SERGEAC.

C'est impossible. Dites-lui de venir...

MIGNIER.

C'est que...

SERGEAC.

Eh bien ?

MIGNIER.

Il est parti.

SERGEAC.

Vous ne dites pas la vérité. Il était ici il y a une heure. Allons, monsieur, nous sommes seuls, c'est un père qui parle à' un père. Estimez-moi assez pour tout me dire... Songez que ces explications que j'implore de vous, j'aurais le droit, le devoir même de les exiger.

MIGNIER, après un silence.

Ne les exigez pas, je vous prie.

SERGEAC.

Il est trop tard. Il faut que je sache.

152 SIMONE

MIGNIER.

J'aurais voulu vous voir accepter le prétexte que je vous proposais.

SERGEAC.

Vous le reconnaissez, ce n'était qu'un prétexte.

MIGNIER.

Oui.

SERGEAC, s' essuyant le front.

Et le... le véritable motif?

MIGNIER.

Voici. Notre famille a été, il y a deux ans, douloureusement éprouvée. La femme de mon frère est devenue folle. On a dû l'arracher à son mari, et à ses trois enfants et l'interner. Depuis, nous avons appris que sa mère avait été dans le même cas et que, par conséquent, la catastrophe aurait pu être évitée, si mon père, avant ce mariage avait pris des renseignements suffisants. La leçon a été dure. Je me suis promis que je n'aurais pas à me reprocher une aussi coupable négligence.

SERGEAC.

Que me racontez-vous là? Et où avez-vous pris?...

MIGNIER.

Laissez-moi achever, ou permettez-moi de me taire tout à fait.

SERGEAC.

Achevez.

MIGNIER.

Je vais être amené à vous parler d'événements douloureux... de la mort de madame de Sergeac. SERGEAC, se lève brusquement.

C'est bon ! Assez ! Partez ! [Après un silence.) Monsieur, je vous demande pardon mais vous avez en effet évoqué un souvenir... un... Un mot encore. C'est à propos de madame de Sergeac que vous parlez de... folie...

Page 1