ACTE DEUXIEME
MIGNIER.
Restons-en là.
s E R G E A c , ënergiquement.
Non. Tout. Je veux que vous disiez tout.
MIGNIER.
J'étais parfaitement disposé à considérer comme exact votre récit des derniers moments de madame de Sergeac, mais mon attention a été éveillée par un certain nombre de menus faits. 11 m'a paru que vous étiez embarrassé, lorsque je vous priais de préciser certains détails. J'ai observé, je me suis renseigné... Votre départ de La Rochelle après le triste événement, votre répugnance à parler de la ville que vous habitiez et des relations que vous y possédiez certainement, tout cela a provoqué en moi une certaine inquiétude. Le souvenir du malheur qui a frappé mon frère ne me quittant pas, j'ai eu des doutes et je me suis dit que si madame de Sergeac était morte dans un accès de maladie mentale — si elle s'était suicidée — pour dire le mot — ce que vous me donniez pour la vérité est précisément ce qu'on inventerait afin de cacher à des étrangers la cause réelle du décès.
SERGEAC.
Et c'est tout?
MIGNIER.
C'est tout.
SERGEAC.
Eh bien ! monsieur, vous pouvez rappeler votre fils. Je vous donne ma parole d'honneur que madame de Sergeac n'est pas morte iolle.
MIGNIER.
De quoi est-elle morte ?
SERGEAC.
Vous le savez. Je vous l'ai dit.
154 SIMOiNE
MIGNIER.
Je VOUS en conjure, n'essayez pas... Je suis renseigné.
Vous êtes renseigné...
Oui.
SERGEAC, bas.
C'est vous qui avez procédé là-bas à cette enquête?...
MIGNIER.
Oui... Je sais la vérité sur la mort de madame de Sergeac.
SERGEAC.
Ah ! misérable ! misérable ! Qu'étes-vousvenu faire dans cette maison ? {Mignier se prépare à sortir. Entre Simo7ie.)
SERGEAC, à Mignier, bas.
Pitié ! Je vous en supplie ! Pitié ! {Simone qui était entrée souriante regarde avec stupeur son père et M. Mignier.)
SIMONE, à Sergeac.
Qu'est-ce qu'il y a? {Sergeac essaie de se reprendre. Il n'y parvient pas, et ne répond que par un geste désespéré. A Mignier.) Qu'est-ce qu'il y a ?
MIGNIER.
Votre père vous le dira. {Au milieu d'un grand silence, il salue et sort lentement.)