ACTE DEUXIÈME
ADALBERT, à part.
Farceur, vu!
PIGAUD, entrant.
Mon beau-père! et ce cher sous-préfet! Dans mon cabinet, avant moi! (U va à son bureau, tantôt assis, tantôt debout, remue sea papiers, prend une plume, puis un crayon, puis de la cire à cacheter, puis le timbre humide, puis le timbre sec, comme un homme absolument occupé et préoccupé.)
Quel bon vent vous amène*?
ADALBERT, à part.
Et moi qui le prenais au sérieux!
PONTORSON
Monsieur de la Picaudière!
PICAIID, sans l'écouter, à Galardon qui est entré*'".
S'est-il présenté quelque personnage pendant mon absence ?
GALARDON
Il ne s'est présenté qu'un ami de collège de monsieur le chef de division.
PIC AU D
Paul Bourgueil!
GALARDON
Oui, monsieur le chef de division.
PONTORSON
Un paltoquet!
* Picaud, Pontorson, Adalbert.
•* Picaud, Galardon, Pontorson, Adalbert.
PICAUD, à Galardon.
Bourgueil vous a dit qu'il était mon ami de collège? Reviendra-l-il?
GALARDON
Je ne sais, monsieur le chef de division.
PICAUD
Alors, je suis désolé.
GALARDON
M. Paul Bourgueil, que nous avons cependant reçu avec les plus grands égards, ne s"est pas expliqué. — ^fais il a laissé une lettre sur le bureau.
PICATD.
Vous permettez, beau-père, c'est une affaire de la plus haute importance. « Mon cher Isidore... » Comment, Isidore! Il m'appelle Isidore! Mais il me tutoie, il me tutoie.
(Recommençant à remuer les papiers.) Parlez, beaU-pèrC ; je VOUS
écoute.
PONTORSON, tournant autour de la table pour tâcher d'être en face de lui.
La démarche que je lais en ce moment vous prouve...
(Un employé entre par la porte de droite deuxième plan, et se penche à l'oreille do Picaud, qui est venu au milieu de la scène. Ils parlent bas d'un air tr^s affairé. Poiitorson exaspéré bat la mesure sur son chapeau.) VOUS pPOUVe...
PICAUD, à Pontorson, même jeu.
Je VOUS écoute.
PONTORSON, continuant.
Mon désir de ne pas troubler...
L'employé se retire. — Picaud, revenu à son bureau, s'y est assis, a allumé un bougeoir et est très occupé à faire un cachet avec un énorme bâton de cire rouge.
Je vous écoute.