ACTE DEUXIEME
PICAUD
PONTORSON
Par des dissensions intestines... (Picaud prend une lettro et la lit
avec attention.) iutestines... intestines...
PICAUD
Ce n'est pas cela, pas cela du tout ; ils ne savent même pas me comprendre. Je suis obligé de tout faire, (n bàtonne
In lettre à grands coups de crayon.) Je VOUS écOUtC. PONTORSON, continuant.
Notre fête de famille... (changeant de ton.) Je vois que vous
êtes occupé?
PICAUD
Oh! comme toujours. — Certainement, mes collaborateurs ont du dévouement, de l'instruction, de l'intelligence, mais pas d'élévation. Ils ne planent pas; moi, je plane. Je suis accablé! accablé! accablé! accablé!
ADALBERT, bas, à Ponlorson.
Il ne pourra pas la faire échapper, si nous restons.
PONTORSON
C'est juste.
ADALIiERT.
Et ces dames vont venir.
PONTORSON
Je vais prendre un moyen adroit. (Aiiant à Picaud, avec intention.) Si vous désiriez être un instant seul, ne vous gênez pas, mon gendre.
PICAUD
Vous me permettez d'être franc? — J'ai là une affaire...
PONTORSON, finement.
Qui vous attend.
PICAUD, se méprenant.
Qui m'attend et qui me demandera de la méditation,
PONTORSON, il part.
De la méditation !
ADALBERT, de même.
Elle est bien bonne 1
PICAUD, étonné.
Vous dites?..
ADALBERT
Je dis... hàtez-vous de vous en débarrasser, car madame de la Picaudièi'e, ma sœur, vous ménage une surprise.
Vraiment? Une surprise! On ne me surprend pas, moi.
PONTORSON, avec intention.
Elle va venir.
PICA U D, avec joie.
Elle veut voir mon cabinet ! Sa première pensée a été pour le ministère, c'est bien ! ah ! c'est bien !
PONTORSON
Oui, mais débarrassez- vous d'abord, de la... de l'affaire qui vous attend.