‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 2)Chapitre 149 sur 307 · SCÈNE IV PICAUD,ZULÉMA · texte numérisé non relu

SCÈNE IV PICAUD,ZULÉMA

PICAUD

J'avais songé, un instant, à me contenter du mariage civil. Me contenter!... La langue française a des mots étonnants! — Eh bien, je ne peux pas m'en contenter. Je suis fonctionnaire. Et d'ailleurs, tout le monde est invité maintenant. J'irai... j'irai jusqu'au bout, (se reiouniani vers zuiéina.) Je suis prêt, me voilà prêt; nous partons?

ZULÉMA

Pour où, monsieur?

l'ICAUD.

Pour la cérémonie.

ZULÉMA

Mais, monsieur, il n'est que neuf heures.

PICAUD

Neuf heures! Comment, neuf heures? (Rogar,iani sa monue.) Il est midi cinq.

ZULÉMA

La montre de monsieur avance.

PICAUD, portant sa montre à son oreille.

J'ai oublié de la monter, (a paa.) Fini, fini... je suis un

* Picaud, Zulénia.

homme fini. Allons! allons! il faut réagir. Us auront, tous, les yeux sur moi. Quand je serai à genoux sur une petite chaise à côté de... de madame de la Picaudière, — car j'irai m'agenouiller sur la petite chaise, — on me regardera... on regardera l'heureux époux... je suis l'heureux époux, (a zuléma.) Pourquoi me regardez-vous? — C'est curieux... c'est curieux, n'est-ce pas? Un homme mûr qui épouse une jeune personne! (zuiéma sort par la droite. — Au public.) Elle sc montrait trop aimable pour moi : ce n'était pas naturel. — Un autre, un viveur, aurait deviiiù tout de suite ; mais, moi, j'ai usé tout mon flair dans l'administration. — J'ai fait un relevé de tous les hommes un peu éminents qui, depuis Adam... lequel luimérne..., car enfin le serpent..., il y a le serpent. C'est d'une longueur! Ça m'a donné du calme. .Je suis passé de là à mes contemporains, à mes collègues, à mes supérieurs, à mes amis; j'ai eu quelques bonnes heures. — Babolard, mon collègue Babolard a une femme superbe... et qui... ne s'en cache pas. Eh bien, il est très gai, il est tout à fait gai... il fait plaisir à voir.

Page 1