SCENE V
PICAUD, BIENASSIS, puis ZULÉMA.
m EN ASSIS, entrant par le l'oiiil, avec une colère concentrée, un portefeuille sous le bras*.
Je suis aux ordres de monsieur le chef de division.
PICAUD, le regarilant sans lui réponilre.
Mais Bienassis... Bienassis a une femme très gentille aussi lui... et tout porte à croire... que... (Avec satisfaction.) Je ne
* Picaud, liionassis.
sais pas... mais enfin, il y a des chances. (Aiimit à lui.) Pauvre Bienassis !
BIENASSIS, étonné.
Voici le courrier...
P I C A U D , le prenant sous le bras.
Savez-vous que madame Bienassis est charmante?
BIENASSIS, faisant un bond.
Hein!
Cliarmantc! charmante! La main fine, les dents mignonnes, l'œil vif. — Eh! eh! mon gaillard, cela ne vous inquiète pas un peu?
BIENASSIS
Moi? (a part.) Il me nargue! (Haut.) Si, si, quelquefois.
PICAUD, Tivemenl.
Eh! mon Dieu! quand cela serait!
BIENASSIS, furieux.
Quand cela serait!
PICAUD
Que feriez-vous, Bienassis? Je suis curieux de savoir ce que vous feriez, vous.
BIENASSIS, menaçant.
.le les tuerais tous les deux.
Non... non, mon cher ami, si je vous montrais le relevé de tous les hommes un peu éminents... qui, depuis Adam... lequel lui-même... vous ne tueriez personne.
BIEN ASSIS, roulant des yeux effarés.
Si.
Non. Vous ne vous imaginez pas la place que tient dans l'humanité ce petit accident. C'est à croire que la terre a été faite pour lui.
BIENASSIS, tout H fait menaçant, à part.
Il a peur! (Haut.) Je vous prie de vous expliquer.
PICAUD
Monsieur!
BIENASSIS
Nous sommes seuls. 11 n'y a ici ni inférieur ni supérieur.
PICAUD
Permettez, monsieur, (a part.) J'ai déjà perdu mon prestige.
BIENASSIS, calme.
On vient.
PICAUD, à Zuléma, qui cntie par le fonil.
Qu'est-ce que vous voulez?
Monsieur désire sans doute qu'on mette des fleurs dans la chambre nuptiale.
PICAUD
La chambre nuptiale!... ah! oui, la chambre nuptiale!
* Zuléma, Picaiid, Bienassis.