SCÈNE PREMIÈRE
DUQUEYLARD, UN VALET DE CHAMBRE, puis HENRIETTE.
LE VALET, du fond, précédant Duqueylard.
Monsieur devra attendre un instant. Madame de Morangis ne reçoit jamais avant quatre heures.
DUQUEYLARD.
Ce n'est pas une visite : il s'agit d'affaires.
LE VALETi
Qui faut-il annoncer?
DUQUEYLARD.
Maître Duqueylard, notaire.
Le valet sort ; M. Duqueylard s'assied. HENRIETTE, entrant de gauche.
Mon cher monsieur Duqueylard, quel bon vent vous amène, vous dont le temps est si précieux?
DUQUEYLARD, avec importance.
Je viens vous parler de la vente de votre terre de Mauriac.
HENRIETTE
A-t-il surgi quelques difTicultés ?
DUOUEVLARD.
Pas la moindre. Le contrat de vente est prêt. Je tiens à m'assurer que j'ai été exact. L'immeuble dépendait de la succession de M. Fernand de Givray, votre père ; vous l'avez recueilli conjointement avec M. Lucien de Givray, votre frère et seul cohéritier. Il n'a été fait aucun partage ?
HENRIETTE, assise.
Nous continuons à vivre, Lucien et moi, comme si notre père vivait toujours.
DUUl EVLARD.
M. Lucien est célibataire, c'est très simple ; vous, madame, vous êtes veuve de M. Louis -Henri -Tristan -Joseph de Morangis que vous aviez épousé au château de Mauriac, commune de Léognan, Gironde. J'ai l'extrait de l'acte de l'état civil ; mais je viens de m'apercevoir qu'il me manquait une pièce importante.
HENRIETTE
Laquelle, monsieur?