‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 2)Chapitre 177 sur 307 · IV · texte numérisé non relu

IV

LUCIEN

Tu n'as pas menti, personne ne (interrogeait.

HENRIETTE

J'ai quitté Mauriac, je suis venue à Paris oij nous ne connaissions personne et j'y ai pris des vêtements de deuil.

Et tu as eu raison. Je n"ai qu"un reproche à te faire, c'est d'avoir pleuré ce monsieur comme s'il était mort.

HENRIETTE

J'ai eu honte de dire que j'avais été abandonnée à dix-sept ans, sans motif, par un homme que j'adorais : voilà à quel mauvais sentiment j'ai cédé.

LUCIEN

Alors, c'est toi qu'il faut blâmer?

HENRIETTE

M. de Morangis avait des goûts d'artiste, la vie indépendante l'attirait : je n'ai pas su peut-être le retenir à son foyer.

LUCIEN

Tu avais seize ans, tu étais ravissante. Il pouvait faire de toi la femme qu'il aurait voulu! Il est parti sans te laisser un mot et sans jamais te donner de ses nouvelles.

HENRIETTE

Il n'osait plus.

LUCIEN

Je te conseille de lui chercher des excuses.

HENRIETTE

Je cherche si j'ai bien l'ait tout ce que j'aurais dû faire.

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